News

Des prêts hypothécaires accordés trop facilement

06 septembre 2019

06 septembre 2019
Les banquiers accordent encore trop facilement des crédits hypothécaires. La Banque nationale va donc leur demander une nouvelle fois de serrer la vis. Pour notre part, nous réclamons davantage de contrôles, notamment au travers d'enquêtes anonymes.

Vu le niveau extrêmement bas des taux d'intérêt, la concurrence reste féroce entre prêteurs hypothécaires. Normal: ce type de prêt est important pour les banques, car il lie le client à l'institution pendant deux ou trois décennies et se conjugue souvent à de nombreux produits annexes (assurance solde restant dû, assurance habitation…).

Plusieurs fois par le passé et en février encore, la Banque nationale (BNB) a tiré la sonnette d'alarme. Motif: certains banquiers semblent accorder un peu trop facilement des prêts hypothécaires.

Le risque, c'est que certains consommateurs, et particulièrement ceux ayant opté pour un taux variable, ne puissent plus payer leurs mensualités en cas de remontée des taux. Rappelons ici que la crise financière de 2008 a démarré aux Etats-Unis par une crise des prêts immobiliers.

Des recommandations aux effets trop limités

Or, que constate-t-on? L’an dernier, le volume de crédits hypothécaires accordés a encore augmenté de 6%; leur montant moyen est passé de 193 000 € en 2017 à 201 000 € sur les premiers mois de cette année; et 40 % des crédits portaient sur une durée de plus de 20 ans ou des montants dépassant 90% de la valeur de l’habitation.

Aujourd’hui, la BNB revient donc à la charge. De nouvelles recommandations (mais pas d’impositions) seront adressées aux banques. Parmi celles-ci pourrait figurer une augmentation du volume des fonds propres permettant aux enseignes de se protéger face à d’éventuelles pertes (ménages ne pouvant plus rembourser). Mais également la limitation des quotités accordées, l’analyse plus poussée du profil de l’emprunteur, le questionnement quant aux finalités de son achat immobilier (s’agit-il d’une première résidence, d’un investissement, de pure spéculation?)…

Les banques doivent serrer la vis

Pour notre part, nous pensons que la BNB pense surtout aux intérêts des banques, nettement moins à ceux des consommateurs. Nous demandons à nouveau aux banquiers de mieux juger la solvabilité des candidats emprunteurs. Nos propres enquêtes ont montré un laxisme en la matière. Pour certains banquiers, si une famille avec deux enfants dispose de 1400 € par mois après le versement de sa mensualité, c'est suffisant !

Nous plaidons donc pour un renforcement des contrôles de l'inspection économique, notamment au travers d'enquêtes anonymes. Et pour des sanctions lourdes si ces contrôles révèlent des manquements. Aux Pays-Bas, plusieurs institutions bancaires ont été condamnées à des amendes pour avoir octroyé trop facilement des prêts. Pourquoi la chose ne serait-elle pas possible chez nous ?

En tout état de cause, la solution ne peut pas passer, selon nous, par une augmentation des taux d'intérêts pour les clients solvables.

Vérifiez vos capacités de remboursement

Au candidat emprunteur, nous recommandons avant toute signature d'un contrat de prêt de bien calculer ses capacités de remboursement. Pour cela, nous mettons à sa disposition un calculateur prêts hypothécaires.

Vers le calculateur

Ce module de calcul permet entre autres de déterminer la mensualité maximale que vous pouvez vous permettre.

Community