News

Chômage temporaire corona : devrez-vous payer des impôts sur les allocations ?

Malheureusement oui. La crise du coronavirus a fait exploser le nombre de chômeurs temporaires. Si vous êtes dans le cas, vous bénéficiez d’une allocation légèrement augmentée par rapport à la « normale ». Cela vous permet de souffler un peu aujourd’hui, mais l’an prochain, au moment du calcul de vos impôts, vous risquez une mauvaise surprise. Soyez prévoyant. 

17 septembre 2020

 

Pour aider les personnes mises en chômage temporaire, le montant des allocations a été revu, provisoirement, à la hausse pour atteindre 70 % du salaire mensuel brut (plafonné à 2 755 €) plus 5,63 € par jour. Mais cette allocation est loin de constituer un revenu « net » et c’est là que le bât blesse.

Un précompte professionnel trop peu élevé

L’allocation de chômage que vous percevez est bien sûr, comme tout revenu (même s’il est de «remplacement»), sujette à l’impôt sur les revenus du travail et donc au précompte professionnel. Pour les allocations de chômage, ce précompte était fixé à 26,75% jusqu’en avril puis à 15% de mai jusqu’à décembre 2020. Or ce précompte n’est qu’un acompte sur votre impôt, qui sera calculé une fois votre déclaration fiscale de 2021 complétée. Ce précompte peut être suffisant si en 2020 vous ne percevez que des allocations de chômage et qu’elles ne sont pas trop élevées. Mais cette année, vous avez probablement perçu – ou vous percevrez encore – un certain nombre de mois de salaire. Du coup, lorsque votre impôt définitif sera calculé sur base de l’ensemble de vos revenus, allocations et salaire compris, le précompte professionnel retenu pourrait être insuffisant. 

Et un allègement fiscal moins élevé que pour les autres 

Les revenus de remplacement (allocations de maladie -invalidité, pensions, chômage…) bénéficient d’une réduction d’impôts. Mais, les chômeurs temporaires sont moins bien lotis.

  • Comme vous bénéficiez d’autres revenus sur l’année que le chômage, la réduction d’impôt est plafonnée à 1 828,41 € pour 2020 et elle n’est accordée qu’à concurrence de ce que les allocations de chômage représentent dans l’ensemble de vos autres revenus. Si vous avez perçu 50% de salaire et 50% d’allocations, la réduction est diminuée de moitié.
  • Par ailleurs, cette réduction est dégressive. Donc, plus vos revenus sont importants, moins la réduction l’est et elle est totalement supprimée dès lors que vos revenus atteignent  29600€.

À retenir donc

Si vos revenus imposables de l’année atteignent 29 600 €, vous ne bénéficiez plus d’aucune réduction d’impôt et vos allocations de chômage seront taxées comme un salaire ordinaire (par tranches progressives pouvant aller jusqu’à 50 %), le précompte retenu à la source au moment du versement sera  largement insuffisant et vous devrez compenser. Il ne s'agit donc absolument pas d'un revenu « net ». Vous risquez d’avoir à payer un supplément après le calcul de votre impôt définitif et la réception de votre avertissement-extrait de rôle.

Vous avez des questions ?

Plusieurs de nos publications pourraient déjà y apporter une réponse.

Vous pouvez vous faire une idée correcte de la manière dont vous serez taxé en utilisant Multitax, notre outil de calcul de l’impôt en ligne. Multitax est, pour l’instant, basé sur les barèmes applicables aux revenus de 2019, mais il vous donnera une idée assez précise de l’impôt sur vos allocations de chômage. 

Par ailleurs, chaque année au mois de mai, nous publions un Guide impôts très complet et actualisé qui fournit également une information – plus générale – sur le chômage et ses implications sur l’impôt..

Enfin, vous trouverez dans notre dossier Votre avertissement-extrait de rôle des informations sur le calcul de l’impôt et sur la façon de vérifier votre (AER).

Et si vous êtes en conflit avec le fisc, consultez Entre le fisc et vous rien ne va plus, pour connaître vos recours possibles.

Vous avez besoin d’aide ?

N’hésitez pas à contacter nos experts en appelant le 02 542 33 96, du lundi au vendre di de 9h ) 12h30 et de 13 h à 17 h (16 h le vendredi).

Appeler le 02 542 33 96