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Digitalisation dans le secteur bancaire : élargissons le "service bancaire de base" !

13 novembre 2019

13 novembre 2019
La majorité des banques annonce pour 2020 des augmentations visant principalement l’accès à l’argent liquide, les opérations manuelles et les extraits de compte papier. Pour éviter qu’une digitalisation toujours plus poussée des services bancaires laisse des consommateurs sur le carreau, nous demandons que l’accès au Service bancaire de base soit élargi.

La majorité de nos banques annonce une énième augmentation des frais facturés à leurs clients pour 2020. Ce que nous dénonçons, une fois encore. Ce sont à nouveau les personnes qui ne peuvent pas (ou ne souhaitent pas) suivre le train du tout digital qui sont pénalisées. 

La tendance est nette depuis plusieurs années: les consommateurs sont invités à faire de plus en plus d’opérations par eux-mêmes et de manière électronique. Mais elle l’est encore plus cette année, au vu des augmentations annoncées. En voici quelques exemples:

  •  Avoir accès à son propre argent à un autre automate que ceux de BNP Paribas Fortis passera de 0,1 à 0,7€, de 0 à 0,7€ chez Fintro et de 0 à 0,5€ pour le compte à vue st@rt2bank d’AXA Banque. Si un client de la Deutsche Bank souhaite retirer de l’argent via sa carte de crédit, il devra payer 5€ par transaction au lieu des 2,5€ actuels.
  • Les opérations manuelles augmentent elles aussi: de 0,7 à 1,5€ pour un virement papier chez Crelan, de 1,5 à 2€ chez Fintro et BNP Paribas Fortis.
  • Ceux qui souhaitent se faire envoyer leurs extraits papier paieront désormais 1,17€ au lieu de 0,97€ chez bpost banque. Alors que seuls les frais de port devaient être supportés pour le compte Hello4You chez Hello Bank, s’y ajoutera désormais un forfait de 1€.

Notre constat

Ce 16 octobre, notre organisation avait participé à l’audition sur la digitalisation et le secteur bancaire au sein du Parlement fédéral. L’occasion d’exposer notre point de vue devant les députés.  

Sans caricaturer, les banques semblent aujourd’hui considérer que tous leurs clients disposent d’un PC performant et protégé, d’une connexion internet, d’une imprimante, d’un smartphone sur lequel ils ont chargé différentes applications de paiement, d’un disque dur externe permettant de conserver durablement les informations numérisées… Et qu’en plus, ils ont reçu la formation nécessaire pour maîtriser ces outils.

Ce n’est évidemment pas le cas, loin s’en faut. Mais les banques semblent très peu s’en soucier. Elles développent de manière unilatérale la digitalisation de leurs services, augmentent les frais de toute opération (virement papier par exemple) qui demande l’intervention de son personnel, réduisent le nombre d’agences, suppriment des distributeurs de billets et des imprimantes à extraits de compte…

C’est leur manière de pousser les consommateurs vers la digitalisation. Pour nombre de consommateurs, c’est pratique, voire avantageux. Mais pour beaucoup d’autres, la situation est critique parce qu’ils ne peuvent pas suivre le mouvement ou parce que leur situation socio-économique les en empêche. Ces derniers mois, notre service membres a d’ailleurs reçu d’innombrables appels nous demandant de réagir pour que leurs besoins soient pris en compte par le secteur bancaire.

Et notre récente enquête de satisfaction (mai 2019) a confirmé la perception négative à l’égard de certaines évolutions, dont les frais bancaires et la tarification rampante (ce qui était gratuit devient payant). Cela dans un contexte où le consommateur fait de plus en plus d’opérations par ses propres moyens.

Nos revendications

Dès lors, nous plaidons pour un "nouveau" service de bancaire de base. 

En 2003, sous notre pression, fut créé le "service bancaire de base". La mesure a été adoptée pour éviter que des personnes sans ressources ou aux moyens très limités ne soient exclues du réseau bancaire. Tout le monde le sait : le compte à vue est un outil essentiel à la vie en société. Le "service bancaire de base" offre, pour un prix raisonnable, nombre de services nécessaires à ces personnes (extraits, un certain nombre d’opérations manuelles, une carte de débit…).

Depuis 2003, toutes les banques belges proposent pareil compte dans leur offre. Que ce soit par le biais d’un accord entre elles ou d’une évolution législative, nous plaidons aujourd’hui pour qu’il soit ouvert aux clients qui le souhaitent même s’ils ne répondent pas à la condition de ne disposer d’aucun autre compte.

De cette manière, les personnes pour lesquelles la digitalisation va trop vite pourraient s’adapter en douceur tout en restant autonomes dans leur gestion financière.

Vous aussi pouvez agir

En signant, comme près de 19000 personnes l’ont déjà fait, notre pétition "Stop aux frais bancaires".

Signez ici notre pétition

Ce texte inclut les revendications suivantes:

  • Des retraits gratuits aux automates de son propre réseau et 5 retraits gratuits par mois aux automates des réseaux des banques concurrentes;
  • Un compte gratuit dans chaque banque, disponible pour les clients qui souhaitent tout faire eux-mêmes sur internet;
  • La mise à disposition pendant 10 ans (délai légal de prescription) des extraits de compte dans chaque banque;
  • La mise en place d’une plateforme de réflexion sous l’égide de la Banque Nationale au sein de laquelle les consommateurs et le secteur peuvent réfléchir à l’avenir du service bancaire.

A l’occasion de notre audition au Parlement, nous y avions ajouté :

  • Dans chaque banque, pour les clients qui le souhaitent, même s’ils ne remplissent pas les conditions aujourd’hui exigées, l’accès au compte "bancaire de base" qui deviendrait aussi un compte "transition vers la digitalisation".