Communiqué

Test Achats formule ses critiques sur le projet de service bancaire universel

29 juin 2021

Selon certains journaux du jour, le gouvernement fédéral et Febelfin - la fédération du secteur financier - vont bientôt annoncer l'introduction d'un service bancaire universel. Il s'agit d'une victoire majeure pour Test Achats qui a souvent défendu les clients qui ne sont pas en phase avec la digitalisation rapide du système bancaire. Cependant, l’organisation de consommateurs reste assez critique par rapport à l'accord tel qu'il existe, car les banques auraient pu aller beaucoup plus loin pour leurs clients non 100% numériques.

Digitalisation forcée

Qu'il s'agisse de la fermeture d'agences, de la suppression de distributeurs, de l'augmentation du coût de toutes sortes de services bancaires ou de la suppression des imprimantes pour les relevés de compte, tout le monde subit la tendance qui se manifeste depuis quelque temps de la part des banques : le tout digital. Bien qu'il y ait naturellement des consommateurs qui profitent de la banque digitale, il y a aussi beaucoup de clients qui ne sont pas familiers avec les opérations par smartphone ou qui n'ont tout simplement pas les moyens de le faire, souligne-t-on chez Test Achats. C'est pourquoi l'association de consommateurs a déjà lancé une pétition en 2019 pour dénoncer cette digitalisation forcée des banques et réclamer un service bancaire de base pour les consommateurs qui en ont besoin. Une pétition comportant un peu moins de 28 000 signatures a été remise au Ministre Dermagne et à la Secrétaire d'État De Bleeker en février de cette année. "Un signal important qui ne peut être ignoré", a fait valoir Test Achats, qui a également été présente à plusieurs reprises dans les commissions parlementaires et n'a cessé de soulever la question auprès des décideurs politiques.

 

Service bancaire de base

Test Achats n'est pas au bout de ses peines dans son plaidoyer pour un service bancaire accessible à tous. Déjà en 2003, un service bancaire dit "de base" avait été mis en place. Il s'agissait d'éviter que des personnes se voient refuser toutaccès à un compte à vue. "Tout comme une adresse ou une assurance maladie, un compte courant personnel est essentiel pour être un membre à part entière de la société", avait alors déclaré l'organisation de consommateurs. Aujourd'hui, à la demande de Test Achats, un service bancaire universel va être créépour permettre aux personnes menacées par un autre type d'exclusion d'avoir accès à la banque à un coût raisonnable.

 

Charte

Selon les premiers textes publiés, les clients qui le souhaitent pourront obtenir un compte courant non 100% digital lié à une carte de débit pour un montant maximum de 60 euros par an. Dans le cadre de cette offre, il sera possible d'effectuer 60 transactions manuelles par an et 24 retraits d'espèces par an au guichet automatique de la banque. L'impression des relevés de compte à l'agence bancaire sera également possible dans le cadre de ce package. Cependant, l'envoi des relevés n'est pas inclus dans le forfait et un "tarif raisonnable" devra être facturé pour leur envoi.

Test Achats est positive quant à l'introduction du service bancaire de base et est satisfaite qu'il réponde aux préoccupations souvent exprimées, mais souligne cependant que l'engagement des banques est plutôt limité. "60 euros par an pour un compte courant peut sembler raisonnable, nous observons cependant qu’actuellement près de la moitié des banques proposent un produit adapté à ce profil de clientèle à un prix inférieur à 60 euros. 24 retraits d'argent liquide par an dans des distributeurs automatiques appartenant uniquement à sa propre banque est également trop limité, surtout au vu de la disparition systématique des distributeurs automatiques de billets - et des agences. Ces  24 retraits devraient pouvoir se faire quel que soit l’automate ", déclare Jean-Philippe Ducart, Manager Public Affairs & Media Relations chez Test Achats. L'organisation de consommateurs s'inquiète également des aspects pratiques liés à l'impression des relevés de compte vu que les banques disposant de machines à imprimer se font de plus en plus rares. De plus, non seulement l'envoi des relevés de compte par la poste n'est pas compris dans le forfait, mais le coût ne se limite pas au coût des timbres, laissant ainsi la porte ouverte à des frais plus élevés, regrette Test Achats. 

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