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Rebond du plastique d’emballage dans le magasin d’alimentation: pas une fatalité

04 mai 2020

Les virologues ne semblent pas craindre les contaminations au coronavirus par ingestion. Mais on peut comprendre qu’en en ce moment, la prudence soit de rigueur, expliquant une recrudescence des emballages plastiques dans les magasins d'alimentation. Mesures de précautions, rappel réglementaire et conseils de l’AFSCA…

Ces dernières années, chacun a bien pris conscience des méfaits du plastique sur l’environnement et la santé humaine. Omniprésent dans notre quotidien, il finit bien souvent par polluer sols, cours d’eau, mers et océans, bref tout notre écosystème. En moyenne, 8 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversés en mer chaque année dans le monde. Un camion complet de déchets chaque minute. Or, les plastiques mettent énormément de temps à se dégrader (jusqu'à 450 ans pour une bouteille en plastique en mer) et restent présents sous forme de minuscules fragments ou de molécules dans l’environnement. Nous avons donc commencé à diminuer son utilisation, en particulier, à usage unique. Malheureusement, la pandémie du covid-19 est venu freiner ce mouvement.

Retour du plastique 

Le plastique à usage unique aiderait à lutter contre la propagation du virus, d’après l’industrie plastique. Un arrêté ministériel, portant sur les mesures d’urgence pour limiter la propagation du COVID-19, confirme que l’industrie de l’emballage participe à la protection des besoins vitaux de la population et peut à ce titre continuer ses activités. Pour le moment, la demande augmente en provenance des traiteurs et de la grande distribution, sachant que les consommateurs préfèrent acheter et stocker les aliments emballés sous plastique et moins ceux proposés en vrac, y compris les fruits et légumes. Ceci, même si, selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), il n'existe actuellement aucune preuve que les aliments constituent une source ou une voie de transmission probable du virus.

Précautions pour rassurer

Nous savons que le virus peut rester jusqu’à plusieurs jours - et demeurer donc possiblement infectieux - sur des surfaces inertes. Même si les virologues ne semblent pas craindre les contaminations par ingestion, on peut comprendre qu’en ce moment deux précautions valent mieux qu’une. Si vous avez des doutes concernant la contamination d’aliments, de fruits ou de légumes crûs (parce que vous craignez que quelqu'un ait éternué ou toussé dessus), vous pouvez les éplucher, les réchauffer ou les rincer abondamment à l'eau et les sécher avec de l'essuie-tout. Une autre option est de ne pas consommer immédiatement la nourriture en question. Sachant que le premier conseil reste, après avoir manipuler vos courses emballées ou pas, de vous laver les mains et d’éviter de les porter au visage (bouche, nez, yeux).

Emballages propres et rappel réglementaire

Les sacs plastiques à usage unique - à la caisse et pour les fruits et légumes - sont interdits en Wallonie et à Bruxelles. En Flandre, les sacs plastiques aux caisses sont payants, ceux plus fins pour les fruits et légumes sont toujours permis même si de nombreux magasins ont décidé de ne plus les utiliser. En ce qui concerne la crise actuelle, l’AFSCA précise que l’utilisation de ses propres emballages, tels que les sacs pour fruits et légumes en libre-service, peut continuer. Par contre, l’usage de ses propres contenants chez les bouchers, boulangers, traiteurs,... est pour l’instant déconseillée afin d’éviter la propagation du virus. Les denrées vendues en vrac sont toujours autorisées.  Si vous touchez une denrée alimentaire non emballée, vous êtes tenu de l’acheter. Les denrées alimentaires non emballées qui ont été touchées ne peuvent plus être vendues à d’autres consommateurs.

Rebond conjoncturel

Espérons, comme le pense l’ONG zéro waste, que cette relance des emballages plastiques - à rebours des multiples initiatives privées et publiques poussant à leur réduction - ne soit qu’un "phénomène conjoncturel" sans vocation à durer. Dans tous les cas, continuez à privilégier les circuits courts qui évitent le plus souvent ces emballages plastiques.