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La vente de masques doit être régulée et tenir compte des difficultés des ménages

08 mai 2020

Depuis ce mardi 5 mai, la vente des masques de protection est autorisée dans les grandes surfaces. Mais faute d’une régulation claire de la part du gouvernement, tout cela se fait de manière chaotique : prix (très) variables, qualité (très) médiocre, etc. Et c’est la population qui en pâtit. Nous interpellons la Première ministre Sophie Wilmès à ce sujet.

La « saga des masques «  est visiblement loin d’être finie ! Tablant sur la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande, qui gérerait automatiquement les abus dans un marché libre total, le gouvernement a autorisé la vente des masques de protection dans les grandes surfaces. C’est oublier que nous ne sommes pas dans un contexte de régulation économique normal, mais dans une situation de crise exceptionnelle où certains – comme nous l’avons déjà dénoncé - abusent de leur position et de la situation.  

Un chaos total

Pour commencer, les masques vendus s’avèrent de piètre qualité (il s’agit de masques de confort qui n’ont rien à voir avec des masques chirurgicaux, aucun standard de qualité minimum n’a été imposé) et à usage unique. Un comble alors qu’ils sont supposés protéger la population d’une pandémie qui immobilise le pays depuis des semaines et que l’option des masques en tissus lavables est préférée par une grande partie du monde scientifique.

En raison de la situation, il existe en outre un problème de certification des masques selon les procédures habituelles. On trouve donc sur le marché des masques dont on n’est pas certains qu’ils soient conformes. S’y ajoute un problème connu de faux certificats de conformité.  

Ensuite, ces masques sont vendus dans des conditionnements peu adaptés (boîtes de 50 pièces) dont la disponibilité en magasin est très rapidement épuisée. Et si leur prix à l’unité semble faible, leur achat pourrait représenter une charge supplémentaire de 100 à 200 € par mois en fonction de la composition du ménage et de leurs besoins quotidiens. Certains vendeurs n’hésitent d’ailleurs pas à abuser de la situation. Songeons, par exemple aux prix pratiqués dans certains distributeurs placés dans les gares SNCB (jusqu’à 15 €).  

Nous exigeons

  • Une régulation forte sur la distribution et la qualité des masques distribués ou mis en vente.
  • La fourniture de 5 masques en tissus lavables (avec un minimum de qualité) par personne, et ce gratuitement. Les autorités doivent garantir l’approvisionnement suffisant dans la mesure où le port du masque est soit très vivement recommandé dans les commerces à partir du 11 mai, soit carrément obligatoire, notamment dans les transports en commun. Il s’agit d’un minimum vu qu’un citoyen peut avoir besoin de plusieurs masques sur la journée et que la durée de vie de ces masques est forcément limitée.
  • La détermination d’un prix maximum par masque comme d’autres pays l’ont déjà fait : 0,5 € en Italie, 0,95 € en France, etc. pour des masques chirurgicaux jetables.
  • Une grande campagne d’information et de sensibilisation dédiée à la différenciation et à l’utilisation correcte des masques. Un simple examen en rue ou en magasins démontre que beaucoup de masques sont très mal utilisés et sont donc contre-productifs, voire dangereux (ex. tenu en main sur la partie protectrice, placé dans le cou quand on en a moins besoin, salis ou souillés, etc ...). Cet élément essentiel à la protection est nouveau pour l’immense majorité des citoyens, mais mérite une plus grande attention quant à son usage.    

Vous avez constaté un abus ?

N’hésitez pas à nous le signaler avec notre notre formulaire de signalement des abus  Depuis le lancement de cette plateforme il y a trois semaines, nous avons déjà reçu près de 400 signalements, notamment sur le prix des masques et dans d’autres domaines de la consommation. Certaines plaintes ont d’ailleurs déjà été traitées et introduites dans plusieurs cas et nous en assurons le suivi.  

Besoin d’aide ou d’information ?

Vous trouverez énormément d’informations dans notre dossier spécial dédié au coronavirus tant au niveau de la santé que des aspects pratiques et financiers de la vie quotidienne.   

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