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Mobilisation massive en faveur des droits des travailleurs

21 avril 2022

Neuf ans après le drame du Rana Plaza, à Dhaka au Bangladesh, ONGs, syndicats et associations de défense des consommateurs se mobilisent ce jeudi 21 avril autour de l’action « Rana Plaza, Never Again ! » et demandent une loi sur le devoir de vigilance des entreprises. 

Alors que des projets de lois sont actuellement discutés en Belgique et en Europe pour rendre compte de la responsabilité des entreprises impliquées dans le drame du Rana Plaza, le processus est ralenti par les lobbies. A travers l’action « Rana Plaza, Never Again », Test Achats s’unit aux ONGs et syndicats de la Coalition Corporate Accountability afin d’appeler les responsables politiques belges à adopter rapidement une législation ambitieuse et contraignante en matière de devoir de vigilance des entreprises. 

2,3 millions de victimes chaque année

Durant cette action de mobilisation, les syndicats, organisation de la société civile et associations de défense des consommateurs ont interpellé le gouvernement lors de différentes prises de paroles. Une fresque rappelant le nombre de victimes du Rana Plaza, des bougies allumées et des chants solidaires ont été entonnés par les personnes présentes. « 2,3 millions de travailleuses et travailleurs dans le monde meurent chaque année d’accidents ou de maladies liées au travail. Chaque jour qui passe sans une législation forte sur le devoir de vigilance est une journée de plus de violation des droits humains », complètent ensemble la FGTB, la CSC et la CGLSB. 

« Agir vite et avec ambition »

Le 22 avril 2021, une proposition de loi a été examinée par le Parlement belge. Depuis, aucun vote n’a eu lieu et le travail a à peine avancé. Même combat au niveau européen où une proposition de directive a été présentée le 23 février dernier par la Commission européenne. Comportant de nombreuses lacunes, celle-ci n’augure pas les réels changements attendus pour éviter d’autres drames humains ou environnementaux. « Des textes législatifs annoncent des promesses mais la faiblesse de la proposition de directive européenne témoigne déjà d’un lobby intensif des entreprises pour déforcer le devoir de vigilance. Il est temps d’agir politiquement, d’agir vite, d’agir avec ambition. », témoigne Zoé Dubois, responsable du plaidoyer chez achACT, la plateforme d’organisation qui milite pour les droits des travailleuses et travailleurs dans les filières internationales de la confection de vêtements. 

Plus de garanties pour les consommateurs 

Au quotidien, beaucoup de ces travailleuses et travailleurs sont employés par des filières de sous-traitance, sans véritable protection, des salaires de misère, l’impossibilité de se syndiquer et autres violations des droits fondamentaux. Dans la mesure où il est très difficile, voire impossible de savoir où et dans quelle conditions ces produits sont fabriquées, nous estimons également que des cadres législatifs ambitieux doivent être mis en place au plus tôt pour contraindre les entreprises à avancer concrètement dans la mise en œuvre de leur devoir de vigilance. Les consommatrices et consommateurs ont besoin de réelles garanties.