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Mauvaise ponctualité à la SNCB : il n’y a pas de fatalité !

19 novembre 2018
sncb ponctualité

19 novembre 2018
La dégradation de la ponctualité sur le rail durant l’année écoulée nous inquiète. Nous demandons que des moyens supplémentaires soient dégagés pour faire face aux problèmes liés au matériel roulant, à l’infrastructure mais également aux faits de tiers tels que les vols de câbles ou les imprudences aux passages à niveau.

En collaboration avec les associations Navetteurs.be, TreinTramBus et Inter-Environnement Wallonie, nous avons compilé les statistiques de ponctualité sur quelques grands axes au nord et au sud du pays.

Un constat sans appel

La ponctualité sur le rail continue de se dégrader ou de se maintenir à un niveau beaucoup trop bas. Et ce phénomène entraîne des répercussions plus importantes aux heures de pointe.

Quelques exemples significatifs (évolution février-octobre 2018 par rapport à février-octobre 2017):

  • Anvers-Bruxelles: 78% (- 3,9%)
  • Turnhout-Bruxelles: 69,7% (- 1,5%)
  • Courtrai-Bruxelles: 74,2% (- 0,9%)
  • Liège-Bruxelles: 65,9% (- 1,1%)
  • Binche-Bruxelles: 70,4% (- 3,3%)
  • Charleroi-Bruxelles: 74,9% (- 6,7%)
  • Namur-Arlon: 61,7% (- 5,1%)

Comme les associations partenaires, nous relevons un nombre trop élevé de trains partiellement ou totalement supprimés sur leur parcours dès le moindre incident ou la moindre panne de matériel. Par souci d’économie, la suppression progressive de certains aiguillages, de certaines voies ou encore de personnel pour dépanner a fortement réduit la flexibilité du réseau.

Quant à la sécurité, celle-ci doit rester une priorité mais l’application de procédures disproportionnées lors d’incidents sont contre-productives.

Le trafic transfrontalier entre Arlon et Luxembourg a également très fortement impacté la mauvaise ponctualité de ces derniers mois. En effet, les voyageurs ont fait les frais du manque d’anticipation et des lourdeurs administratives dans l’homologation du matériel avec, pour conséquences, des trains supprimés, des ruptures de charge ou encore des correspondances aléatoires.

Ce n'est pas une fatalité

Malgré des avancées en matière de transparence des chiffres, notamment avec le développement de l’outil Mobipulse qui permet de mettre le focus sur la ponctualité aux heures de pointe, la situation continue de se dégrader.

Nous demandons donc aux autorités de mettre à disposition de la SNCB et d’Infrabel des moyens supplémentaires afin d’enrayer cette spirale négative qui impacte des dizaines de milliers de voyageurs au quotidien.

SNCB et Infrabel responsables de 50 % des retards

Sans négliger la part importante des responsabilités de tiers, le cumul des responsabilités de la SNCB et d’Infrabel atteint ou dépasse les 50 % depuis le début 2017. Allonger encore les temps de parcours n’est pas une solution, que du contraire ! Par contre, agir sur les causes internes permettrait de diminuer les retards de 30 à 50 %.

Concrètement, nous souhaitons voir inscrits des objectifs ambitieux en matière de ponctualité dans les prochains contrats de gestion liant l’Etat fédéral à la SNCB d'une part, à Infrabel d'autre part. On ne peut se satisfaire d’un statu quo en la matière.