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“Jouets connectés”: chouette, mais pas sans danger

06 décembre 2016
My Friend Cayla et I-Que Robot

06 décembre 2016
Les “jouets connectés”, avec lesquels les enfants peuvent parler, grâce à la technologie de reconnaissance vocale, le bluetooth, une connexion internet et une app semblent attirants. Mais ils pêchent sur le plan des droits fondamentaux des consommateurs, de la sécurité et de la vie privée des enfants qui sont très vulnérables. Nous demandons au SPF Economie et à la Commission de la vie privée d’intervenir.

“L’Internet des objets” est dans l’air. La tendance qui lie des capteurs à toute une série d’appareils ensuite reliés à Internet n’est pas prête de s’arrêter. Très connus, sont par exemple les capteurs d’activité, des appareils intelligents qui calculent la quantité de mouvements et le nombre de calories dépensées par leur utilisateur.

“L’Internet des objets” aussi pour les enfants

Entre-temps, la technologie s’est aussi insinuée dans les jouets pour enfants, par exemple dans la poupée “My friend Cayla” et le robot “I-Que”. Ce jouet contient un microphone et la technologie de reconnaissance vocale avec laquelle – à l’aide du bluetooth, d’une connexion internet et d’une app- les enfants peuvent parler.

Trop beau pour être vrai

Ca semble très attrayant, mais la réalité n’est pas si rose. C’est ce que révèle une enquête menée par l’organisation de consommateurs norvégienne Forbrukerradet au sujet de“My friend Cayla” et du robot “I-Que”. Le jouet connaît des manquements sur plusieurs plans. Le fait que les victimes soient des enfants rend la chose encore plus grave.

  • Il s’avère très simple de prendre le contrôle de la poupée avec un téléphone mobile. Et de cette manière de parler à distance à l’enfant via la poupée ou de l’écouter.
  • Les secrets qu’un enfant raconte à la poupée ou au robot, sont partagés avec Nuance Communications, une firme américaine spécialisée dans la reconnaissance de voix. Elle se réserve le droit de partager ces infos avec des tiers et de les utiliser à toutes sortes de fins.
  • Le jouet est préprogrammé avec quelques phrases qui vantent différents produits commerciaux. Cayla raconte, par exemple, avec plein d’enthousiasme, combien elle aime les films Disney ou Disneyland. Le distributeur de l’app a, comme par hasard, une relation commerciale avec Disney.

Cette vidéo donne une vue claire du problème avec “My friend Cayla” et le robot “I-Que”.

Aussi en Belgique!

Est-ce que tout ça appartient au futur? Non, car en Belgique aussi les enfants jouent déjà avec ces jouets. Ils sont d’ailleurs vendus sur les sites populaires comme Dreamland.be ou bol.com et apparaissent par exemple dans le dépliant publicitaire de saint Nicolas du magasin de jouets Bart Smit. En outre, pas mal de Belges font leur shopping sur les sites internet de nos voisins du nord et du sud, comme Amazon.fr et Intertoys.nl.

Nous demandons aux autorités d’intervenir

Bien que l’offre soit encore assez limitée pour le moment chez nous, elle ne fera que grandir avec le temps. Nous tirons donc dès aujourd’hui la sonnette d’alarme. En agissant maintenant, nous pouvons prévenir que des enfants ou des parents soient confrontés, complètement désarmés, à ces jouets interactifs peu sûrs.
Nous avons fourni les résultats de l’enquête de nos collègues norvégiens aux instances belges compétentes (SPF Economie et Commission de la vie privée) afin qu’ils puissent s’attaquer dès le début aux conditions générales illégales de ce jouets, aux violations de la vie privée et au manque de sécurité.