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Aucune chaîne de sport "propre" sur le marché belge

04 juillet 2016
T shirt qui gratte

04 juillet 2016

Qui souhaite acheter des vêtements de sport la conscience tranquille devra chercher longtemps. Les chaînes ne se soucient que peu voire pas du tout de la nature durable et éthique de leur production. Au Cambodge, nous avons essentiellement trouvé dans les usines des ouvrières épuisées et sous-payées.

Aucune chaîne de sport propre sur le marché belge

L’industrie du textile souffre depuis plusieurs décennies d’une image négative en matière de droits de l’homme et de respect de l’environnement, et comme le confirme notre enquête, le chemin à parcourir est encore long. Nous nous sommes rendus sur place au Cambodge dans quelques sweatshops travaillant pour de grandes marques telles qu'Adidas, Decathlon, FootLocker, Nike et Puma et nous nous sommes entretenus (clandestinement) avec plusieurs ouvrières de l'industrie textile. Nous avons, en outre, interrogé les cinq grands distributeurs belges au sujet de leur politique concernant leur chaîne de production.

Des situations alarmantes dans les sweatshops

Les sweatshops cambodgiens avaient en règle générale une seule chose en commun: des conditions misérables et, souvent, franchement dangereuses réservées à leurs ouvrières. Dans une chaleur insoutenable et des vapeurs de produits chimiques, elles travaillent plus de dix heures par jour, six jours sur sept, et s'épuisent à la tâche jusqu'à s'évanouir sur le lieu de travail, quand elles ne meurent pas. De plus, les ouvrières travaillent sous contrat de courte durée, renouvelé tous les deux à trois mois, souvent pendant plusieurs années, sans espoir d’obtenir un contrat à durée indéterminée et sans la moindre protection contre les licenciements.

De même, les fabricants de textile ne semblent guère se soucier des effets néfastes de la production sur l’environnement. Presque toutes les étapes du processus sont polluantes, que ce soit pour le sol, l’eau ou l’air. Enfin, n’oublions pas le transport: l’empreinte écologique de ces vêtements est considérable, car ils doivent parcourir de longues distances, du pays de production jusqu’au nôtre.

Pas le bon exemple

Aucune des cinq chaînes de sport de l'enquête (Decathlon, Footlocker, Intersport, JD Sports et Sports Direct) ne donne le bon exemple. Dans le meilleur des cas, les chaînes d’articles de sport ont pris quelques initiatives pour mettre un produit éthique sur le marché; au pire, elles ne font strictement rien. Nous exigeons dès lors un engagement à long terme assorti de codes de conduite rigoureux contrôlés par des organes indépendants.

Conseils aux consommateurs

Qui souhaite des vêtements "propres" optera dès lors pour des marques ayant un label fiable, comme celui de la Fair Wear Foundation (FWF). Cette organisation plaide en effet en faveur d’un salaire décent pour les ouvrières et fournit aux marques affiliées un outil leur permettant de comparer les salaires payés par leurs fournisseurs aux normes salariales en vigueur dans ce pays. Les marques ayant obtenu ce label ne vendent par ailleurs pas de vêtements hors de prix: en effet, le salaire des ouvriers ne représente qu’une toute petite fraction du prix de vente.



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