Rares sont les articles grand public qui tentent de présenter les OGM de façon équilibrée, sans diatribes ni oukases. Merci.
Je relève toutefois le paragraphe suivant : "cette règle d'étiquetage ne s'applique pas aux aliments d'origine animale comme la viande, le lait ou les œufs, même si les animaux ont été nourris aux OGM. Il n'est donc pas exclu que vous consommiez des OGM sans le savoir ..."
C'est le genre de commentaires qui dénote une grande ignorance au sujet du métabolisme des êtres vivants et laisse transparaître un fonds d'idéologie qui aveugle certains et qui entretient les peurs qui constituent le fonds de commerce de certains : le lapin est coprophage ; est-ce que lorsque vous mangez du lapin, vous mangez leurs crottes ?
Les gènes modifiés qui expriment certaines caractéristiques sont, comme tous les autres gènes, un fragment d'ADN constitué d'une succession de nucléotides codant un message : via l'ARN il commande l'expression (la fabrication) d'une protéine. Les nucléotides, de très grosses molécules, sont formés par un acide phosphorique, un sucre (désoxyribose), une base azotée (Adénine, Thymine, Guanine ou Cytosine). Ces nucléotides, ingérés en mangeant, sont détruits en leurs divers composants (on appelle cela le catabolisme) dont une partie est éliminée par les fèces et les urines, l'autre partie, recyclée par l'organisme.
Si un animal a consommé des OGM, il est donc impossible que cet OGM, se retrouve dans la viande, le lait, les œufs. Et un gène codant une protéine que naturellement la plante ne code pas, est constitué exactement des mêmes composants que les autres gènes.
Il n'y a donc aucun risque d'avaler un OGM lorsque l'on consomme des produits issus d'animaux alimentés aux OGM.
Pour l’anecdote, savez-vous que lors de l'introduction de la pomme de terre en France, l'Eglise considérait cette culture comme une plante du diable. Pourquoi ? le tubercule poussait sous terre, donc plus proche de l'Enfer que du Paradis. Des curés envoyaient leurs paroissiens arracher ces "plantes du diable" ! Certains ne lui voyait aucun avenir. En 2007, on en a récolté 325.302.445 tonnes sur 19.327.731 hectares !
En 2011, 160 millions d'hectares, dont 75,4 en soja, ont été emblavés sous OGM (12 millions de plus qu'en 2010) par 16,7 millions de fermiers dans le monde dont environ 15 millions sont de petits producteurs (dont 7 millions de chinois), dans 29 pays dont 19 en voie de développement. Depuis 1996, c'est un facteur 94. A signaler aussi le développement par l'Institut de recherche brésilien d'un haricot résistant à une grave maladie virale.