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Les assurances pour smartphone ne sont pas à la hauteur de leur tarif

30 août 2018
Assurance smartphone

30 août 2018
Nos smartphones sont devenus précieux et leurs coûts de réparation très élevés. A l’achat d’un nouvel appareil, vous pourriez donc être tenté de souscrire une assurance spéciale contre le vol ou les dégâts accidentels. Mais en fait, c’est rarement une bonne idée. Les tarifs sont trop élevés et la couverture trop restrictive pour que vous puissiez prendre un tel engagement avec une réelle tranquillité d'esprit.

"Trop cher par rapport aux risques couverts et à la qualité de la couverture". C'est la conclusion à laquelle nous étions arrivés il y a cinq ans, après avoir examiné plus de 20 polices d'assurance pour smartphone. Il est triste de constater que depuis ce temps, rien n’a réellement changé, surtout lorsqu’on sait que l’Ombudsman des assurances a vu le nombre de plaintes en la matière grimper. Son rapport de 2016, est d’ailleurs très critique par rapport à ces assurances qui proposent "un nombre de garanties limité" ou sont même qualifiées de "boîtes vides" !

Une analyse des principales polices d'assurance smartphone actuelles montre que la situation n'a pas changé : couverture insuffisante, prime trop élevée et trop peu d'informations au moment de la conclusion du contrat.

Vous avez souscrit à une assurance pour smartphone et rencontrez des difficultés ? Utilisez notre module de plaintes.

Vers le module de plaintes


Couverture trop limitée

Les assurances proposées sont remplies d’exceptions. En pratique, cela signifie qu'en cas de sinistre, vous n'êtes même pas certain que l'assureur interviendra.

Les dégâts matériels font souvent l’objet de discussions. Si l'écran de votre appareil est fissuré, p. ex. après une chute, il ne sera pas toujours couvert, car la compagnie d'assurance peut stipuler qu'elle n’intervient pas pour "dommage esthétique" – c’est-à-dire un dommage qui n'affecte pas le bon fonctionnement de l'appareil. Si, à côté de cela, la compagnie estime qu’il y a négligence de votre part, alors vous aurez encore moins de chances d’être remboursé.

Même en cas de vol, la couverture peut varier énormément et il existe parfois des conditions limitatives très spécifiques. Le vol avec violence ou effraction est généralement couvert, mais si votre appareil a été volé dans votre voiture durant la nuit, la plupart des assureurs n'interviendront pas.

Prime trop élevée

Le prix d'une assurance dépend généralement du prix d'achat de l'appareil. Un rapide calcul montre qu'un montant mensuel "limité" se traduit rapidement par une prime annuelle considérable. 

Quelques exemples :

  • Chez Media Markt, dans le cas de l'assurance Omnium+ la plus complète, vous payez une somme annuelle de 96 € pour un appareil qui coûte entre 200 € et 400 €. Pour les smartphones de plus de 600 € (p. ex. l’iPhone 7), la prime annuelle s'élève à 168 €.
  • Les clients qui souscrivent une assurance auprès d'Orange paient une somme de 144 € par an pour les appareils de plus de 500 €, ce qui est également le tarif standard (quel que soit le prix d'achat) chez Proximus et Cocoline.

Dans la plupart des cas, il faut compter que la prime d’assurance représente annuellement 20 % du prix d’achat de l’appareil. C’est comme si vous deviez payer chaque année 4.000 € de prime d’assurance pour votre voiture de 20.000 €.

Informations insuffisantes ou vagues

En outre, les informations que vous recevez en tant que consommateur au moment de la conclusion d’un contrat sont souvent incomplètes. Bien que la qualité de ces informations diffère grandement d’un vendeur à l’autre, nous avons constaté que peu d’entre eux connaissaient les exclusions parfois très spécifiques mais non sans importance de leur produit d’assurance. Cela pose problème dans la mesure où vous souscrivez une police d'assurance qui, comme vous le découvrirez après coup, ne répond pas pleinement à vos attentes.

Enfin, les polices d’assurances elles-mêmes se sont avérées tout sauf transparentes et laissent place à l’interprétation - par exemple en raison de formulations peu claires ou parfois contradictoires - ce qui peut conduire à des discussions sans fin sur ce qui est couvert ou non par la garantie.

Le fait qu'un projet de loi ait été approuvé en début d'année, imposant des exigences de connaissance à tous ceux qui proposent des produits d'assurance, est malheureusement dans le cas présent sans effet, puisque l'obligation de fournir des informations ne concerne que les assurances supérieures à 200 €. Autant dire que la plupart des assurances pour smartphone restent hors du champ d’application de cette loi. 

Nous plaidons pour : 

  1. Une amélioration globale de la qualité de ces couvertures qui se révèlent très onéreuses et beaucoup trop limitées. En effet, ces polices comportent de nombreuses exceptions et bon nombre de dispositions sont sujettes à interprétation

  2. Que les vendeurs de smartphone – et par conséquent de ce type d’assurances complémentaires – soient tous soumis au devoir général d’information prévu en matière d’assurance quel que soit le montant de la prime. Ainsi chaque consommateur pourra être parfaitement informé du contenu de la police avant la souscription.