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Protéger vos mesures personnelles

14 octobre 2015
protéger vos données

14 octobre 2015

La mesure de soi (quantified self), ce sont ces mesures personnelles que vous recueillez sur vous via bracelet électronique et autres capteurs d'activité. Nous demandons à la Commission Vie Privée de clarifier le statut de ces données. Mais une réglementation stricte s'impose aussi au niveau européen. 

Chacune de vos foulées comptées par un bracelet; chaque calorie ingérée mesurée par une application mobile: ce ne sont là que quelques-unes des données personnelles que la technologie vous permet aujourd'hui d'enregistrer, par exemple afin d'évaluer et d'améliorer votre style de vie. Mais ces applications, qui connaissent aujourd'hui un très grand succès, posent aussi de sérieux problèmes de protection de la vie privée.

Des données qui intéressent

Car, mesurer sa santé, c'est générer une quantité de données très sensibles, qui intéressent au plus haut point les compagnies d'assurance, par exemple. Elles y voient en effet une possibilité de filtrer leur clientèle, pour lui proposer une offre personnalisée. Ainsi, en France, AXA a offert à 1000 de ses clients un appareil permettant de mesurer en temps réel leur activité physique. Ce n'est évidemment pas sans arrière-pensée. 

Statut trop flou

En Belgique, l’utilisation de données de santé sans le consentement de l'intéressé est en principe strictement interdite. Encore faut-il savoir ce qu'on entend par "données de santé". Le sommeil, par exemple, est-il une question de santé, ou plutôt de bien-être? Bref, le statut des données collectées par les applications mobiles et autres moyens de mesure reste pour le moins flou. Les consommateurs ne sont que rarement informés de l'utilisation qui est faite de leurs données et, le plus souvent, on se passe de leur autorisation pour les exploiter. Dès lors, Test-Achats demandera à la Commission Vie Privée de se pencher rapidement sur ce problème.

Nouveau réglement

L'Europe a aussi son rôle à jouer. La Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil européen négocient actuellement un nouveau réglement sur la protection des données, afin d'adapter la réglementation existante aux nouvelles technologies, et notamment au "profilage" soit la collecte et le traitement automatique de données personnelles afin de prévoir le comportement d'un individu. toute chose qui peut déboucher sur des discriminations et la segmentation du marché. 

Des règles claires et strictes

Nous demandons aux autorités européennes l'adoption de règles claires permettant aux consommateurs de connaître sans ambiguïté la manière dont leurs données personnelles sont collectées et utilisées, et de s'y opposer. Des règles strictes s'imposent pour l'usage de données déterminées (par exemple les données sur la santé). Le profilage de consommateurs vulnérables, comme les enfants, doit être interdit. Force est de reconnaître que les textes aujourd'hui sur la table n'offrent pas encore ces garanties.