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Le smartphone, un "désastre écologique"

04 mars 2017
greenpeace smartphone

04 mars 2017
Voilà plus de dix ans que le smartphone a envahi nos poches. Entretemps, 7 milliards d’appareils ont été fabriqués pour accommoder les désirs des consommateurs… Au prix d’un impact écologique qui, selon un rapport de Greenpeace, se révèle extrêmement néfaste et intenable sur le long terme.

Etat des lieux

"Nous ne pouvons pas nous permettre de poursuivre ainsi ces dix prochaines années", affirme Greenpeace dans son étudeen pointant du doigt la tendance de l’industrie du smartphone à encourager le renouvellement constant des appareils qu’elle produit. A titre d’exemple, l’Américain moyen change de smartphone tous les deux ans.
 
Or, la fabrication d’un "téléphone intelligent" nécessite des matières premières rares et non recyclées, provenant parfois de zones de conflit, ainsi qu’un processus très coûteux en électricité : "depuis 2007", précise Greenpeace, "968 TWh ont été utilisés pour fabriquer des smartphones". C’est presque autant que la consommation de la Belgique pendant 11 ans.

En dépit de l’effort énergétique investi, le processus est loin d’être toujours efficace, comme l’a montré la campagne de rappel dGalaxy Note 7 que Samsung avait produit en masse avec des vices de fabrication. "Un système gaspilleur et non viable", résume le rapport. 

Quelles solutions ?

"La balle est dans le camp des fabricants", estime Juliette Boulet, porte-parole de Greenpeace en Belgique. Quant au consommateur, il est invité à essayer de garder son smartphone le plus longtemps possible : "depuis quelques années, on observe une réflexion positive du public sur l’impact écologique des GSM".

Le "Fair Phone", un appareil permettant une réparation plus complète que d’autres modèles, est une initiative unique, car son modèle de fabrication est fondé sur l’économie circulaire. Il s’agit du seul smartphone ayant satisfait aux critères de Greenpeace dans son test de longévité.

"Les fabricants de smartphone doivent penser, dès la conception de l’appareil, au remplacement des composants et à la récupération des matériaux d’origine", explique Juliette Boulet. "L’économie circulaire est un business model intéressant. Aujourd’hui, on récupère seulement 16 % des composants d’un smartphone. Mais dans les années à venir, la législation pourrait interdire certains éléments ou processus de fabrication. Et les matières premières pourraient venir à manquer. Les filières de récupération et recyclage sont donc porteuses d’avenir : chez nous, Umicore et Recupel l’ont bien compris."

Quelles perspectives ?

L’anticipation de ces enjeux convaincra-t-elle les fabricants à redresser la barre assez rapidement ? Selon l'Association mondiale des opérateurs (GSMA)d’ici fin 2017, plus de 5 milliards de personnes sur Terre possèderont un téléphone portableEnviron 55 % de ces appareils disposeront d’une connectivité mobile à internet – en d’autres termes, il s’agira de smartphones. D’ici 2020, cette proportion s’élèvera à 75 %.

Pour bien choisir votre smartphone et le garder ainsi plus longtemps, n'hésitez pas à consulter notre comparateur. Et pour allonger la durée de vie de votre batterie, consultez notre article à ce sujet dans Test Connect n°8 (janvier-février 2017).

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