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Facebook, Google et Microsoft imposent des paramètres qui ne respectent pas votre vie privée

27 juin 2018

27 juin 2018
Facebook, Google et Windows 10 orientent sciemment leurs utilisateurs vers certains choix en ce qui concerne la confidentialité de leurs données. C'est ce qu’a mis en lumière l'organisation norvégienne de consommateurs Forbrukerradet. Contrairement à ce que prescrit la nouvelle législation sur la protection de la vie privée (RGPD), ces entreprises tentent d'amener le consommateur à partager autant de données que possible via les paramètres de confidentialité.
Afin de se conformer à la nouvelle législation sur la protection de la vie privée (RGPD), les acteurs du web doivent informer clairement leurs utilisateurs de leur politique en matière de données personnelles. Dans ce contexte, nos collègues de l'association norvégienne des consommateurs ont analysé les paramètres de confidentialité de Facebook, Google et Windows 10.

Leur analyse démontre que l'utilisateur est en mesure de faire des choix détaillés en ce qui concerne la collecte et l'utilisation de ses données personnelles. Cependant, à l'aide de toutes sortes de subterfuges, l’internaute est également encouragé à partager autant de données personnelles que possible.

Des paramètres par défaut qui portent atteinte à la vie privée

Par exemple, les paramètres par défaut de Facebook et Google sont intrusifs : ceci oblige les utilisateurs souhaitant choisir l'option la plus respectueuse de leur vie privée à passer par un processus très long. Certains paramètres sont même cachés afin que l'utilisateur ne sache pas que l'option la moins respectueuse de leur vie privée est en réalité activée par défaut. Cela va à l'encontre du principe de "privacy by design" (les paramètres et fonctions doivent être réglés par défaut sur le mode le plus confidentiel) prescrit par le RGPD.

De plus, Facebook et Google menacent l’utilisateur d’une perte de fonctionnalités, voire de la suppression de son compte, s'il ne choisit pas l'option la moins respectueuse. C'est le cas, par exemple, de la fonction de reconnaissance faciale dans Facebook : si vous n’en voulez pas, il vous faut passer par un nombre d’étapes remarquablement élevé, et le service vous fait croire que cela réduit votre sécurité.

Des fenêtres pop-up trompeuses

De par la manière dont ils sont rédigés, les messages qui s’affichent sous forme de pop-ups sur Facebook, Google et Windows 10 éloignent les consommateurs des choix favorables à la protection de leur vie privée. Par exemple, si vous souhaitez désactiver les publicités personnalisées dans Google, vous obtiendrez ce message : "Si vous procédez à cette désactivation, des annonces continueront de s'afficher, mais elles risquent d'être moins pertinentes". Il n'y a aucune mention des inconvénients de cette fonctionnalité lorsqu’elle est activée, ni des avantages potentiels de sa désactivation.

Illusion de contrôle

Enfin, l'utilisateur a l'illusion de contrôler ses paramètres de confidentialité. Facebook, par exemple, donne l'impression à l'utilisateur qu’il dispose d’un contrôle bien plus étendu qu’en réalité sur ce que des tierces personnes peuvent faire de ses données à des fins publicitaires. 

My Data is Mine !

En collaboration avec l’association norvégienne de consommateurs et nos organisations sœurs en Espagne, en Italie et au Portugal, Test Achats a présenté ces résultats aux géants du web concernés et leur a demandé de se mettre en conformité.

En outre, cette enquête est une preuve supplémentaire que Facebook enfreint les lois de protection de la vie privée et de confidentialité des données. Participez à notre action collective contre Facebook et réclamez 200 € pour l'utilisation abusive de vos données. Plus de 20 000 personnes ont déjà rejoint notre action.
 

Vers l'action collective contre Facebook