Dossier

TV numérique: évitez les pièges

17 septembre 2020
TV numérique éviter les pièges des câblo-distributeurs

Les fournisseurs de télévision numérique nous font de belles promesses. Mais peuvent-ils tenir parole ? Les câblo-opérateurs proposent de nombreux services interactifs. La question est de savoir s'ils sont vraiment tous utiles...

Introduction

Avec la télédistribution classique (analogique), les choses sont claires : le distributeur décide seul du nombre et de la variété des chaînes qu'il propose. Excepté quelques disparités linguistiques, le bouquet de base est très similaire d’un télédistributeur à l’autre.

Avec la télévision numérique, l'offre, en ce compris les possibilités d'interactivité et les bouquets payants, peut être très variable d'un fournisseur à l'autre. En outre, les droits d’émission étant déterminés géographiquement, les bouquets peuvent être constitués très différemment selon la région où l’on habite. Pire, alors que le coût de la télédistribution analogique est similaire sur tout le pays, celui de l'offre numérique peut également varier selon le fournisseur ou l’endroit où vit le téléspectateur.

Il existe tout de même quelques alternatives au « tout câblé ». On pourrait croire que le consommateur a le choix mais, en réalité, il est fort difficile de faire jouer pleinement la concurrence. Le télédistributeur décide de ce qu’il diffuse, du prix de son abonnement et, bien sûr, de celui de son indispensable décodeur.

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Décodeur contre module CI+

Pour regarder en numérique sur votre téléviseur, vous avez besoin d'un décodeur ou d'un module CI+. Très souvent, les chaînes transmises étant cryptées (y compris les chaînes de service public!) pour n’être visibles que par les seuls abonnés via une carte à puce, le décodeur est indispensable; il joue aussi la fonction de décrypteur.

TV Vlaanderen et TéléSat sont les seuls à offrir à leurs abonnés le choix entre plusieurs appareils. Tous les autres fournisseurs s’en réservent l’exclusivité et obligent donc le consommateur à acheter leur décodeur auprès d’eux. A moins d'opter pour le module CI+...

CI+, l'alternative au décodeur

Telenet, Télésat, TV Vlaanderen et VOO offrent la possibilité de regarder la télévision numérique via CI+, à condition d’avoir un téléviseur récent (les appareils qui ne datent pas d'avant 2012 ont la possibilité de connecter un module CI+). Avec un module CI+, vous pouvez regarder la TV numérique et consulter le guide TV pour les deux jours suivants. L’interactivité est certes plus limitée qu’avec un décodeur, mais plus besoin de louer un décodeur (cher et énergivore).  

Vous payez le prix d'achat unique (69 € chez Telenet et 59 € chez TéléSAT/TV Vlaanderen) et, bien sûr, l'abonnement mensuel au câble (contribution aux droits d'auteur et à la distribution). Avec CI+, vous pouvez conserver (indéfiniment) des enregistrements sur clé USB ou disque dur, que vous ne pouvez regarder que sur le même appareil avec la même carte CI+. Sur une clé USB de 64 GB (comptez 18 €), vous pouvez enregistrer plus de 100 h en SD, et plus de 20 h en HD. 

Il existe un nouveau standard de CI+, le 1.4, déjà commercialisé aux Pays-Bas et qui offre plus d’interactivité ainsi qu'un guide TV plus long. Les opérateurs belges choisissent consciemment de ne pas investir dans cette formule qui pourrait s'avérer désastreuse pour la location de leurs décodeurs. Un nouveau standard de CI+ 2.0 arrivera à grands pas et donnera la possibilité de décoder le signal via une simple connexion USB, ce qui sera encore plus convivial pour le consommateur. Il n'est toutefois pas encore clair quand ce nouveau standard sera disponible à la commercialisation.

Décodeurs: une technologie basique

Technologiquement parlant, avec ou sans disque dur, les décodeurs vendus par les fournisseurs de TV numérique sont souvent loin d'être up to date, offrant peu de possibilités en regard d’un bon graveur de DVD avec disque dur.

Quelques inconvénients majeurs:

  • L’appareil doit de préférence être branché sur secteur en permanence pour que les mises à jour du software, effectuées à distance, puissent se faire à tout moment. Difficile donc de faire des économies sur la consommation en stand-by. D’autant que celle-ci reste souvent excessivement élevée en position stand-by, jusqu'à 21 W.
  • Les décodeurs simples ne disposent que d'un seul tuner, tout comme les modules CI+. Cela signifie qu'il est impossible de regarder une chaîne en numérique et d’enregistrer un programme diffusé en même temps sur une autre chaîne numérique. 
  • Les fonctions pratiques sont souvent réduites. Il est, par exemple, impossible de: 
    • archiver sur le disque dur du décodeur. En effet, même un décodeur avec disque dur (HDD) ne permet pas l’archivage car il ne dispose jamais de graveur de DVD intégré. Pour conserver des enregistrements ou transmettre à quelqu'un d'autre des enregistrements intéressants, un graveur externe reste d’office nécessaire.
    • retrouver les enregistrements sur un décodeur à HDD n’est pas toujours évident si le nom ou la date manquent.
Test-Achats réclame un vrai choix pour le consommateur

Test-Achats exige:

  • La détermination légale d’un bouquet de base – comprenant les chaînes publiques nationales ainsi que les chaînes commerciales les plus populaires – que tous les fournisseurs devraient obligatoirement proposer. Ce bouquet doit être non crypté, pour pouvoir être vu, quel que soit le décodeur acheté, y compris un décodeur intégré au téléviseur. Ce qui vous permettrait d’également visionner ces chaînes sur un deuxième téléviseur sans hardware supplémentaire. Les signaux HD de ces chaînes devraient eux aussi être proposés gratuitement s’ils sont disponibles. Nous estimons que personne ne devrait être laissé pour compte. Malheureusement, le VRT a décidé de vendre l'offre DVB-T à Norkring pour qu'il ne soit plus possible de regarder « free-to-air » sans abonnement télé.
  • La fin du monopole des opérateurs sur les décodeurs (et, par la même occasion, la possibilité pour les abonnés qui ne sont pas intéressés par l’interactivité de ne pas devoir acquérir l’équipement ad hoc). Les opérateurs doivent respecter les standards afin que des tiers puissent offrir du hardware alternatif qui peut offrir plus de fonctionnalités que les décodeurs « modérés ». Le consommateur doit pouvoir choisir librement, et opter éventuellement pour un module CI+ interactif.
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  • Vous devez pouvoir conserver vos enregistrements aussi longtemps que vous le souhaitez. À ce jour, il est impossible de transférer les enregistrements du décodeur à un autre support. Or, tous les digicorders disposent d’un port USB, mais celui-ci n’est tout simplement pas utilisé. Vous devez à tout le moins avoir la garantie de pouvoir réclamer vos enregistrements perdus à votre fournisseur sans frais supplémentaires. Leur argument? Les droits d’auteur empêchent cela. Si c’était le seul problème, il serait parfaitement possible - vu que tous les décodeurs sont connectés à l’Internet - que vous ne puissiez accéder à vos enregistrements d’un hardware externe sans vous identifier auprès de votre opérateur. Cela est parfaitement possible via la gestion des droits numériques, par exemple.
  • En cas de modification technique, rien ne permet d’assurer actuellement que vous pourrez continuer à utiliser votre décodeur. Habituellement, il faut le remplacer par un nouveau modèle, ce qui entraîne des frais supplémentaires. Cela vous fait en outre perdre vos enregistrements. Certains opérateurs ont déjà prévu de pouvoir retirer le disque dur de leur décodeur, ce qui est bien vu. Nous exigeons malgré tout l’obtention pour les décodeurs d’une garantie de compatibilité de sept ans, ce qui signifie concrètement que le consommateur doit pouvoir échanger son décodeur gratuitement pendant sept ans après son achat s’il n’existe plus de soutien technique. 
  • Depuis 2011, les câblo-opérateurs sont légalement tenus de mettre le câble à disposition de leurs concurrents. En 2015, Orange a lancé son offre LOVE via le câble et a entre-temps convaincu de nombreux clients TV de passer chez eux. Malgré ça, les leaders du marché continuent d’augmenter leurs prix annuel sans être dérangés. De meilleures conditions d’accès peuvent stimuler la concurrence, et attirer d'autres opérateurs alternatifs à s’installer sur le marché belge.
  • L’offre TV sur les applications mobiles devrait être identique à celle sur le décodeur. Aujourd'hui, il arrive souvent que quelques chaînes seulement soient disponibles sur décodeur et pas dans l’application. En outre, vous ne pouvez pas faire avancer rapidement les publicités dans un programme sur les chaînes de DPG Media.