Analyse
Les ménages européens épargnent un peu moins il y a 6 ans - vendredi 11 février 2011

Les derniers chiffres relatifs au taux d’épargne des ménages dans la zone euro révèlent que le taux d’épargne se situe à nouveau au niveau d’avant la crise financière.

 

Question d’équilibre

Le taux d’épargne est le pourcentage des revenus disponibles que les gens mettent de côté. Si un pays affiche un taux d’épargne de 10 %, cela signifie que ses habitants mettent environ 10 % de leurs revenus disponibles de côté. A priori, le fait que les gens mettent de l’argent de côté est une bonne chose. Cela signifie qu’il y a de nombreuses liquidités disponibles pour financer les investissements et la dette publique. D’un autre côté, un taux d’épargne trop élevé est souvent le signe d’un manque de confiance des ménages, comme cela s’est produit lors de la crise financière. L’argent qu’ils mettent de côté n’est pas utilisé pour consommer, ce qui freine logiquement la consommation et ralentit la croissance économique.
Si les ménages utilisent par contre une part très importante de leurs revenus disponibles pour consommer, cela soutient la croissance économique. Dans ce cas, un pays peut toutefois avoir des problèmes pour financer ses investissements et sa dette publique. Le tout consiste donc à trouver le bon équilibre, un taux trop élevé comme un taux trop faible pouvant provoquer des problèmes économiques.

 

Zone euro : crise digérée

Nous avons pu observer des exemples des thèses exposées ci-avant à plusieurs reprises lors de la dernière décennie. Le taux d’épargne dans la zone euro juste avant que la crise n’éclate à la mi-2008 s’élevait ainsi à 13,8 %. Un pourcentage relativement élevé autour duquel le taux d’épargne fluctuait déjà depuis de nombreuses années. L’Europe a en effet, du fait de raisons sociales et culturelles (dont la sécurité), une grande culture de l’épargne.
Mais fin 2008, au plus fort de l’incertitude, les Européens ont épargné davantage encore, mettant jusqu’à 16 % de leurs revenus disponibles de côté ! Soit une hausse phénoménale qui a bien évidemment mis un frein supplémentaire à la consommation et à la croissance économique.
Au troisième trimestre 2010 (derniers chiffres disponibles), le taux d’épargne dans la zone euro est retombé à 13,8 %, soit le même niveau qu’avant la crise.
Un signe que les ménages européens recommencent à voir l’avenir avec plus de confiance.

 

Et chez nous ?

Les derniers chiffres du troisième trimestre 2010 indiquent un taux d’épargne des ménages belges de 17,1 %, un niveau supérieur à la moyenne européenne. Les Belges sont il est vrai réputés pour être de grands épargnants.
Ce chiffre est néanmoins inférieur, comme dans le reste de l’Europe, à celui qui prévalait fin 2008, début 2009, au plus fort de la crise. Le Belge épargnait alors 19 % de ses revenus.
Pour 2011, la Banque nationale de Belgique prévoit un taux d’épargne de 16,2 %, encore légèrement supérieur au niveau qui prévalait avant la crise. Il faut dire que la situation politique belge, et ses conséquences financières, ne manquent pas d’inquiéter les ménages…

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