Analyse
Taux faibles : quelle stratégie pour l’épargnant ? il y a 3 ans - mercredi 21 mai 2014

Comment doit se comporter l’épargnant face à des comptes d’épargne offrant tout au plus à 0,65 % dans les grandes banques et un peu plus de 2 % dans le meilleur des cas ?

Avec une croissance économique toujours morose en Europe et la perspective d’une inflation durablement très faible, la Banque centrale européenne (BCE) réfléchit au meilleur moyen d’intervenir pour relancer à la fois l’économie et l’inflation.

 

Taux négatifs ?

Inquiète face à une inflation trop faible, la BCE a évoqué un nouveau relâchement de la politique monétaire. Une idée qui, bien que bien accueillie par les marchés, ne sera pas facile à mettre en place. Car avec des taux directeurs à 0,25 %, les instruments sont peu nombreux. Parmi ceux-ci : l’idée de taux d’intérêts négatifs, pour décourager l’épargne, inciter à consommer ou investir. Les banques devraient payer pour déposer leurs liquidités auprès de la BCE. S’il est peu probable qu’elles appliquent à leur tour des taux négatifs, la mesure affaiblirait encore le rendement de l’épargne.

La relance par le crédit ?

Pour que des prêts soient accordés par les banques, il faut que le secteur privé en fasse la demande. Or, les entreprises des pays à succès de la zone euro possèdent déjà un stock d’épargne important. Quant aux entreprises des pays les plus touchés par la crise, elles continuent à payer un taux élevé qui pèse sur leur compétitivité. La BCE doit donc tenter de réduire ce taux. Et face à la croissance morose, les capacités de production des entreprises sont suffisantes, ce qui n’incite pas à investir. Quant aux ménages, ils ne sont guère friands de crédit, vu le taux de chômage et la stagnation du pouvoir d’achat.

Assouplissement monétaire?

Si des taux négatifs ne semblent pas être la solution miracle, une politique d’assouplissement quantitatif à l’américaine aurait aussi son lot de problèmes. Aux USA, la Fed a recours à la création monétaire pour acheter les obligations d’Etat et maintenir des taux faibles. Mais en l’absence d’eurobonds émises conjointement par tous les pays de la zone euro, l’achat d’obligations d’Etats par la BCE s’avérera problématique.

L’euro : arme ultime ?

La décision la plus importante que peut prendre la BCE est probablement de promettre des taux d’intérêt réduits pour une période très longue, ainsi que des liquidités abondantes. Certes, une telle politique profiterait surtout aux marchés financiers (actions et obligations) et non à l’économie réelle. Le risque de bulles (dans l’immobilier par exemple) serait également au rendez-vous. Mais cela pourrait aussi avoir un effet collatéral : le recul de l’euro.
Avec des taux plutôt orientés à la hausse aux USA, les investisseurs privilégieraient les actifs américains. De quoi donner un regain de compétitivité bienvenu à la zone euro. Mais reste à savoir si nos partenaires commerciaux accepteraient une telle dévaluation.

 

Solutions concrètes pour rentabiliser au mieux votre épargne

 
Compte d’épargne rémunérateur
Si le rendement de l’épargne est très faible, il est peu probable qu’il tombe à zéro. Nous imaginons en effet mal les banques prendre le risque de voir s’envoler les 250 milliards d’euros compte. Les banques les plus généreuses offrent jusqu’à quatre fois plus que les grandes banques. Même s’il faut souvent passer par internet, osez franchir ce pas.

Pas plus que le nécessaire
Vu la faiblesse des taux, placer trop d’argent sur un compte d’épargne enrichira votre banque, mais pas vous. Ne gardez sur les comptes que votre épargne de précaution (6 à 12 mois de salaire). Au-delà, envisagez d’autres formes de placement.

Osez investir
Ne foncez pas tête baissée sur la première proposition, définissez votre horizon de temps et le risque que serez prêt à prendre.
– Si vous avez moins de cinq ans devant vous, le compte d’épargne reste la seule solution.
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– Si vous avez au moins cinq à huit ans et que vous ne voulez prendre aucun risque, tournez-vous vers une assurance-épargne, qui rapportera davantage à long terme. Notre préférence va au Fonds Garanti d’AFER Europe qui offre des frais d’entrée préférentiels aux abonnés à TAi. Ce placement a offert un rendement de 3,36 % l’an dernier, la meilleure performance du marché. 
– Si vous pouvez vous permettre quelques risques et que votre horizon de placement est éloigné (dix ans), un portefeuille diversifié en sicav constituera une option intéressante. 

 

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