Analyse
Face à la faiblesse des taux, où trouver du rendement ? il y a 3 ans - mardi 2 décembre 2014

Pas de miracle. Pour plus de rendement, plus de risque !

Les banques offrent moins que jamais sur les comptes d'épargne, le rendement des assurances-épargne diminue et les obligations rapportent de moins en moins. Il est cependant possible de trouver des placements rémunérateurs. En prenant plus de risques…
Tour d’horizon.

 

Compte d’epargne : 1,95 %

Le compte d'épargne est le produit le moins risqué et le plus liquide mais il rapporte peu. Fin octobre, dans le meilleur des cas, 1,95 % net (compte ME3 de MeDirect), qui sera ramené à 1,8 % fin janvier. Mais le compte d’épargne reste indispensable, pour faire face p. ex. à un achat, prévu ou inattendu. Conservez-y au moins l'équivalent de trois mois de salaire.
Et sachez que vous aurez toujours plus auprès des petites institutions que des grandes.

 

Assurance-épargne : 2,5 %

Pour un peu plus de rendement sans risque sur le capital, l'assurance-épargne est une alternative. En 2013, les meilleures ont offert 3 % et plus (taux garanti + participation aux bénéfices). Pour 2014, nous tablons sur 2,5 % pour les meilleurs produits. C’est le meilleur rendement possible sans risque, même si vous retirez une partie au cours des 8 premières années, donc avec précompte de 25 % sur les intérêts.

 

Compte à terme, bon de caisse, bon d’Etat, bon d’assurance : 1,65 %

Comme les taux à long terme ne sont pas beaucoup plus élevés qu’à court terme, vous aurez maximum 2,1 % sur cinq ans. Dans les deux cas, la palme revient au compte de MeDirect. Mais ce n’est pas intéressant, vu la faiblesse des taux. Pourquoi en effet immobiliser son argent pour plusieurs années à des taux aussi faibles ?

 

Obligations : jusqu'à 7 %

Une obligation offre un intérêt, souvent annuel, dépendant surtout de la qualité de l'émetteur, la durée et la devise. En principe, le rendement sera plus élevé pour une obligation à plus long terme et/ou émise par un émetteur de moins bonne qualité (p. ex. très endetté) et/ou dans une devise d'un pays aux taux élevés. Vu la faiblesse des taux, le rendement est inférieur à 1 % pour les obligations d'États et de 2,3 % pour les obligations de sociétés en euro. Pour une obligation - risquée ! - en devise étrangère, il peut atteindre 7 % ou plus (en devise locale). Mais si cette devise recule par rapport à l'euro, le rendement en pâtira. Les obligations d'États occidentales sont trop chères et ne rapportent pas assez. Les obligations de société peuvent être intéressantes, mais cela dépend de l'offre. Fin octobre, nous conseillions Petrobras International Finance et Nordic Investment Bank (pour 5 % maximum de votre portefeuille).

 

Sicav d'obligations : 4,8 %

Deux facteurs déterminent le rendement du dividende : le portefeuille et l'attitude du gestionnaire. Certains distribuent tous leurs revenus, d'autres les thésaurisent. Une sicav d'obligations en real comme HSBC GIF Brazil Bond n'offre que 4,8 % net, alors que le marché sous-jacent offre un petit 9 %. Les sicav d'obligations en euro offrent 1,3 %. Les sicav investies dans des obligations de pays émergents en devise locale offrent 4 % l’an mais ne sont pas intéressantes vu la combinaison entre devises peu attractives et obligations locales chères. Les sicav d’obligations (d'États) en euro sont trop chères et le rendement de celles d’obligations en devises laisse à désirer. La sicav la plus intéressante en termes de rendement est la sicav précitée en obligations en real (pour un poids limité du portefeuille).

 

Immobilier : jusqu'à 4,6 %

– Les sicafi cotées en Bourse (ou SIRP comme sociétés immobilières réglementées publiques) investissent dans l'immobilier résidentiel, commercial, semi-industriel et de bureaux et paient chaque année un dividende (prochain rendement net attendu autour de 4 %). Notre préférence va à Ascencio, Cofinimmo et Qrf.
– Les certificats immobiliers sont en voie de disparition. Nous attendons un rendement moyen de 4,2 % pour le secteur. À quelques exceptions près, les certificats portent sur un seul bâtiment (= pas de diversification). Leur liquidité en Bourse laisse à désirer. Beaucoup ne distribuent pas (ou plus) de coupon. Aux cours actuels, les certificats risqués ne sont pas intéressants.
– Les fonds en immobilier ne misent pas directement sur des bâtiments et des terrains, mais indirectement à travers des actions du secteur comme Deutsche Wohnen, Unibail-Rodamco et la SIRP Wereldhave Belgium. La composition de C+F Immo Rente a de quoi séduire, mais pas le rendement de 1,7 %. Vous trouverez de meilleurs rendements dans des fonds misant sur l'immobilier mondial ou asiatique, mais leur contenu est souvent axé sur des marchés ou des segments chers.

 

Actions : jusqu'à 5,2 %

Une société qui distribue systématiquement un dividende élevé possède aussi souvent une structure financière saine, avec des bénéfices en hausse. Toutefois, il est aussi facile pour une société de « bricoler » un dividende pour sauver les apparences (en puisant dans les réserves, en réduisant les investissements). Une forte baisse du cours peut aussi accentuer le rendement de dividende. Connaître l'origine du (rendement de) dividende est donc essentiel.
Les actions que nous recommandons pour leur dividende de qualité sont bpost, Gimv, Delta Lloyd, GDF Suez, National Grid et Zurich Insurance.

 

Sicav d'actions : 2,5 %

Notre pays propose quantité de fonds visant les actions à haut rendement de dividende.Le rendement dépend du portefeuille et du gestionnaire. Vous pouvez compter sur plus de 2,5 %. Nous conseillons notamment KBC Equity High Dividend, investi surtout en actions américaines, avec un faible pour les secteurs financier et pharmaceutique.

 

Sicav mixtes : 3,3 %

Les fonds investis à la fois en actions et en obligations gâtent aussi leurs actionnaires. Bel exemple : JPMorgan Global Income A Div EUR qui rapporte plus de 3 % net par an, en investissant pour moitié en actions à haut rendement de dividende et pour moitié en obligations à coupons plus élevés. Le gestionnaire peut ajuster à l'envi le poids des actions et des obligations, une liberté qui vaut de l'or en périodes de turbulences.

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