Analyse
Menace sur l’avantage fiscal du compte d’épargne ? il y a un an - mercredi 20 janvier 2016

Bonne ou mauvaise nouvelle ?

Un groupe d’experts a plaidé auprès du ministre des Finances pour la suppression de l’avantage fiscal accordé aux comptes d’épargne. Nous ne sommes pas totalement en désaccord avec cette vision des choses.

 

Les intérêts des comptes d’épargne sont aujourd’hui exonérés de précompte mobilier à concurrence de 1 880 EUR par personne. Au-delà, ils bénéficient encore d’un régime fiscal favorable puisque le précompte s’élève à 15 % seulement (contre 27 % pour les autres placements). Cet avantage détourne les épargnants des autres formes de placement, lesquelles sont mieux à même de financer à long terme nos entreprises.

Du point de vue de l’épargnant aussi, cela n’a plus guère de sens d’encourager à ce point le seul compte d’épargne. Compte tenu des taux en vigueur dans les grandes banques (0,20 % au total pour les principaux comptes), vous pouvez placer quasi 1 million d’euros sur votre compte d’épargne sans devoir payer un cent de précompte mobilier ! Dans le même temps, le gouvernement a pris ces dernières années des mesures visant à taxer davantage les autres placements. Le précompte sur les comptes à terme, bons de caisse et obligations est ainsi passé progressivement de 15 à 27 %. Les fonds obligataires sont davantage taxés et la taxe de Bourse (sur les actions, certains fonds) est rehaussée. Sans parler de la taxe de 2 % sur les assurances-vie ou de la taxation sur la plus-value des actions (33 %) en cas de vente dans les six mois.

Malheureusement, ces mesures, souvent prises dans l’urgence pour boucher le trou budgétaire, ont contribué à avantager encore plus le compte d’épargne par rapport aux autres placements, continuant à attirer ainsi les épargnants vers des taux réduits à peau de chagrin, inférieurs à l’inflation. Au fil du temps, cela les appauvrit. Dès lors, nous exigeons une fiscalité cohérente des placements, qui encourage à la fois la diversification et la gestion de bon père de famille, tant pour se constituer une épargne de précaution que pour le long terme. Concrètement, nous préconisons une exonération qui ne soit pas limitée au seul compte d’épargne. Nous souhaitons aussi un stimulant fiscal pour un plan d’épargne individuel plus étendu que l’actuelle épargne-pension, où l’investisseur pourrait choisir la composition de son portefeuille (actions, obligations, fonds, liquidités), de façon à coller au mieux à ses besoins réels.

 

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