Analyse
Les banques réclament de nouvelles baisses de taux et une hausse des frais. Pas d’accord ! il y a un an - vendredi 23 septembre 2016

Selon les banques, la faiblesse des taux menace leur rentabilité, le Brexit entraîne son lot d’incertitudes et les taxes sont trop élevées.

Aux yeux des banques belges, le rendement des comptes d’épargne est trop élevé.

Pour elles, il faut casser le minimum légal qui les empêche de baisser davantage leurs taux. Et si on leur refuse, les frais devront augmenter.

Pour l’épargnant, ce discours a du mal à passer. Avec un taux de 0,11 % sur de nombreux comptes d’épargne (avec prime de fidélité, sinon c’est 0,01 % !), le rendement de l’épargne ne compense plus l’inflation et la valeur de l’épargne s’affaiblit avec le temps.

Et si même les banques ont raison de s’inquiéter pour leur rentabilité, le client doit-il encore être la variable d’ajustement ? Les banques ont-elles bien entrepris tous les efforts pour s’assainir ?

Au cours des douze derniers mois, en Bourse, les valeurs bancaires européennes ont été malmenées, pour diverses raisons.

– L’économie européenne connaît une croissance faible, qui ne devrait pas accélérer ces prochaines années. Les revenus des banques de détail ne croîtront donc que faiblement. Et si l’économie devait ralentir de nouveau, les taux sur les prêts risqués (et donc les coûts) repartiront à la hausse. En Italie, les banques restent chargées en créances douteuses, ce qui menace leur solidité.
– Suite à la crise financière de 2008, les autorités de contrôle ont serré la vis et pénalisé les activités plus risquées (plus rémunératrices…).
– Les conséquences du Brexit suscitent des interrogations quant à son impact sur les résultats des banques. Pour l’instant, ce sont surtout les banques britanniques qui ont été affectées.
– Les taux bas mettront sous pression la rentabilité des banques si elles ne changent pas leur fusil d’épaule.

Les quatre grandes banques belges (Belfius, BNP Paribas Fortis, ING et KBC) ont dégagé ensemble un profit de deux milliards d’euros au 1er semestre 2016.

Des résultats plutôt bons, en progression depuis quelques années. Après la crise, les banques belges ont éliminé leurs activités les plus risquées et se sont concentrées sur l’épargne et le prêt aux particuliers et aux entreprises. La baisse rapide des taux leur a plutôt été favorable. En abaissant au minimum le rendement de l’épargne, elles ont conforté leur marge d’intérêt, engrangé de jolis bénéfices et renforcé leur structure financière.

Les banques sont à un tournant.

Les taux ne sont pas près de remonter. Le taux moyen auquel les banques prêtent baissera encore, ce qui réduira leurs revenus. Voilà pourquoi elles cherchent de nouvelles sources de revenus. Et le client semble être une nouvelle fois la variable d’ajustement. Les banques voudraient diminuer encore le taux de l’épargne et augmenter les frais. Un moyen certes facile mais difficilement admissible à nos yeux et peu pertinent à long terme.
– Est-il en effet cohérent d’augmenter les frais, alors que le client doit régler de plus en plus d’opérations lui-même ? Et en devenant moins compétitives, les banques ne risquent-elles pas de se tirer une balle dans le pied, alors que de nombreux acteurs digitaux lancent de nouvelles solutions pratiques et peu chères ?
– Les banques rêvent d’un taux zéro, qui ne leur coûterait plus rien. Or, selon nos calculs, les intérêts que verseront cette année les quatre grandes banques avoisineront 200 millions d’euros. Un dixième seulement du profit du premier semestre. Et une goutte d’eau par rapport aux 7 milliards de dividendes à verser aux actionnaires. Des dividendes en augmentation ces dernières années et qui sortent définitivement des comptes des banques alors qu’elles disent se préparer à des lendemains difficiles...
– Certes, les actionnaires ont droit à ce que leur capital soit rémunéré. Mais dans l’effort qui doit être fait, les clients ont été suffisamment mis à contribution. L’actionnaire a aussi un rôle à jouer. Les banques devraient adopter une politique prudente de dividendes. L’argent qui ne serait pas versé en dividendes resterait dans la banque et pourrait servir à la restructuration et au financement de nouveaux projets, capables de faire face à la concurrence de demain.

Faites jouer la concurrence

Tant que les banques savent que leurs clients leur resteront fidèles (ce qui est majoritairement le cas aujourd’hui), elles n’hésitent pas à presser le citron. Faites dès lors jouer la concurrence. Il est possible de trouver des comptes à vue gratuits et des comptes d’épargne offrant encore un petit quelque chose.

Conserver de grosses quantités d’argent sur un compte d’épargne n’a plus de sens. Si vous pouvez vous permettre quelques risques et que vous avez au moins une dizaine d’années devant vous, un portefeuille de fonds sera plus à même de faire fructifier votre patrimoine. Voyez notre stratégie.
Ce n’est pas dans les grandes banques que vous trouverez les meilleurs fonds. Utilisez notre sélecteur.
Les valeurs bancaires américaines ont dégagé un rendement légèrement positif en Bourse ces douze derniers mois.
Restructurées rapidement et plus en profondeur, les banques américaines profitent de la bonne santé du marché immobilier local, de la croissance économique et des créations d’emplois. Elles réduisent toujours leurs coûts pour soutenir leur rentabilité.
Toutefois, les régulateurs américains promettent d’être plus attentifs aux pratiques spéculatives.
Au final, le potentiel de hausse des revenus du secteur bancaire américain reste limité. Mais les banques américaines ont montré par le passé leur capacité de résilience, grâce notamment à la solidité de leurs banques d’affaires.
Si vous avez un fonds qui investit en valeurs bancaires américaines, vous pouvez le conserver.

 

Partagez cet article