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Assemblée générale de fin avril 2009 : passage en force il y a 8 ans - mercredi 29 avril 2009
Vu l’approbation de l’accord avec BNP Paribas, nous craignons que, dans les années à venir, le holding ne se vide de sa substance, sous le poids de ses obligations liées à une série d’instruments complexes, précédemment émis pour améliorer la solvabilité de Fortis Banque.

Notre conseil est donc : VENDEZ.

Prendre le risque de conserver l’action n’a de sens que si on veut vraiment prétendre à des dédommagements, qui pourraient être consentis au bout de longues procédures (des années !).

Après l’assemblée générale du 11 février et les 125 millions d’actions sans droits de vote que le gouvernement, au travers de Fortis Banque, avait tenté de faire voter on croyait avoir tout vu… 
Mais cette fois, c’est 250 millions de voix (38 % des voix présentes) qui ont été exercées, dans le mépris du Code des Sociétés et des principes généraux des assemblées délibérantes. La liste des actionnaires présents à l’assemblée de ce 28 avril révèle en effet la présence d’une série de fonds basés dans des paradis fiscaux, récents propriétaires d’actions Fortis, et que nous soupçonnons d’agir de concert avec BNP Paribas et l’Etat belge.

Fortis agissant comme mandataire pour ces fonds et n’ayant fait aucune déclaration de transparence à la CBFA (comme la loi l’exige depuis le 2 mai 2007), les droits de votes auraient dû être suspendus.

Après l’échec de la procédure en référé la veille de l’assemblée, avec Modrikamen et Deminor, il revenait  à l’assemblée de décider si Fortis pouvait ou non agir comme mandataire pour ces actions. Une considération que le Conseil d’Administration s’est obstiné à rejeter dans une atmosphère houleuse, lui qui n’a rien fait, depuis l’assemblée du 11 février, pour exécuter le mandat confié par ses actionnaires (recréer de la valeur pour le holding) et qui a même été en cassation contre ces actionnaires !

Le résultat de ce passage en force est sans appel : la vente bradée de 75 % de Fortis Banque à BNP Paribas a été approuvée à 72,99 % à Gand et à 77,65 % à Utrecht ! Manifestement, les pressions subies par tous les parties prenantes (actionnaires, architectes et supporters du stand alone, politiques…) auront été assez convaincantes pour nourrir nous ne savons quel agenda caché sur le dos des actionnaires, des employés (qui paieront sans doute le prix fort) et de tous les contribuables (l’Etat subit une moins-value de 3 milliards d’euros sur les actions BNP Paribas et doit assumer des engagements et garanties pour près de 10 milliards, dont 80 % pour BNP Paribas !

Nous restons néanmoins réalistes. Certes, Fortis Holding s’est porté en faux pour ce qui est des déclarations de transparence. Certes, il est facile d’épingler le troisième actionnaire surprise : le fond Eton Park, basé dans les îles Caïman, dirigé par un ex conseiller de l’ex premier ministre français Dominique de Villepin, proche de BNP Paribas. 
Mais il sera difficile de prouver que la totalité des 250 millions de titres ont agi de concert. Et, au vu du score écrasant du vote, il faudrait prouver l’action de concert pour au moins 240 millions des titres pour avoir un chance que le NON l’emporte lors d’une nouvelle assemblée.

Aussi nous réfléchissons à ce qu’il est encore opportun d’entreprendre. D’autant que, à côté des éventuels dommages et intérêts à réclamer aux Etat belges et néerlandais et des actions qui seront, nous l’espérons, prises par le nouveau Conseil d’administration, ceci ne constitue pour l’actionnaire, qu’un premier volet de cette saga.

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