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Ultime scénario alternatif il y a 9 ans - mardi 21 avril 2009
Nous l’avons dénoncé à maintes reprises : le Conseil d’Administration de Fortis Holding n’a rien entrepris pour exécuter les décisions rendues par les actionnaires lors de l’Assemblée générale du 11 février et le nouvel accord de démantèlement, qui sera soumis au vote lors des assemblées générales des 28 et 29 avril, reste mauvais.

Mauvais pour l’actionnaire de Fortis, qui est exproprié sans compensation équitable et se retrouve à la tête d’une structure dont nous doutons de la pérennité (trop de zones d’ombres inacceptables dans l'accord!).
Mauvais pour l’emploi (BNP Paribas annonce 500 millions d’euros d’économies, qui se solderont par au moins 5000 pertes d’emplois).
Et accablant pour le contribuable, car en refusant de considérer l’alternative du « stand alone », l’Etat n’a pas saisi l’occasion d’éviter sa gigantesque moins-value sur les actions BNP Paribas (actuellement 3 milliards d’euros !) et il a été forcé de concéder à BNP Paribas des engagements et garanties supplémentaires (dont le total atteint aujourdhui plus de 10 milliards !).

Nous ne comprenons toujours pas l’obstination de l’Etat dans la voie BNP Paribas, d’autant que le (toujours très secret) rapport McKinsey et la Commission spéciale sur la crise financière soulignent que Fortis Banque devrait être capable de fonctionner en stand alone. Même Mrs De Mey et De Boeck, deux des trois administrateurs actuels de Fortis Holding, ont regretté publiquement de ne pas avoir pu négocier le stand alone avec l’Etat. Tant la solvabilité de la banque (une des plus élevées d’Europe) que sa liquidité plaident pour la viabilité stand alone.

En conséquence, nous soutenons avec Modrikamen, Deminor et l’ADAF un ultime scénario de stand alone remanié, construit sur la base de l’expertise de banquiers de premier ordre. Nous espérons que cette nouvelle proposition pourra ramener les actionnaires hésitants dans le camp des opposants à l’accord avec BNP Paribas et nous la considérons avant tout comme un acte citoyen, visant une solution équitable pour tous !

En cas de succès du NON aux prochaines assemblées, cette alternative devra immanquablement être considérée !

Que renferme le plan alternatif ?
Dans le concept du stand-alone, Fortis-holding reprendrait le rôle de BNP Paribas face à l’Etat belge, dans le but de créer un groupe de bancassurance rentable, financièrement solide, avec une stratégie cohérente et des possibilités de croissance.
Les activités de banque et d’assurance seraient donc à nouveau réunies en une même entité, bien qu’amincie à terme.
Fortis Banque se focaliserait encore sur les activités bancaires traditionnelles (à faible risque !) en Belgique et au Luxembourg, se retirant  de manière sélective des activités de banque d’affaires en dehors de ces deux pays et abandonnant des activités non stratégiques.
Dans le même temps, un certain nombre de mesures devraient être consenties pour travailler de manière plus efficace. L’abandon de certaines activités ferait baisser le chiffre d’affaires de la banque, mais la hausse de sa rentabilité pourrait faire grimper son bénéfice jusqu’à 1,6 à 1,8 milliards d’euros en 2011, (contre un petit milliard actuellement). La branche « assurances » profiterait aussi de la réintégration de la banque, ce qui pourrait, selon les estimations, générer un supplément de bénéfice de 150 millions d’euros.

Le scénario
L’exécution du plan alternatif peut se faire selon divers scénarios.
-  L’Etat belge, actuellement propriétaire de Fortis Banque, peut échanger 50 % des actions plus une contre une participation dans Fortis Holding d’environ 30 % (29,1 % à 35,7 % selon les valorisations prises en compte; voir schéma).
- Autre possibilité : Fortis Holding cède ses activités d’assurances à Fortis Banque et reçoit en échange une participation majoritaire dans l’entité. Le but ultime est de réintégrer la banque dans le holding, d’une manière ou d’une autre. L’Etat conserverait sa participation de 43 % dans le portefeuille de crédits toxiques très dévalorisé et la participation de Fortis Holding dans ce portefeuille passerait de 45 % à 57 %, soit un risque un peu plus élevé (200 millions d’euros), mais aussi un potentiel de croissance beaucoup plus important ! Fortis Holding recevrait en plus une option lui permettant de reprendre la participation de l’Etat dans 4 à 7 ans.

Les avantages par rapport à l’accord avec BNP Paribas

- pour l’actionnaire
Grâce au projet industriel (banque + assurances), les actionnaires retrouvent un potentiel pour leurs actions, avec un niveau de risque quasi inchangé (c'est la cession des activités bancaires qui est à l'origine du préjudice pour le volet belge du démantèlement). Sur base de ce scénario, nous évaluons la valeur potentielle de l’action à environ 4 EUR. Pour cette estimation, nous nous basons sur le rapport annuel 2008 quant à la trésorerie nette et quant à la valorisation des activités internationales d’assurances, ainsi que sur les prix pratiqués en octobre 2008 pour la transaction relative aux activités belges de banque et d’assurances. D’ici fin 2011, la valeur de l’action pourrait même selon nous grimper au delà de 6 EUR.
Avec le scénario BNP Paribas, les actionnaires de Fortis Holding resteraient sérieusement pénalisés : selon nous, les revenus des activités d’assurances suffiraient à peine à couvrir les charges financières et les autres obligations.
La rentabilité serait de toute façon très faible et les possibilités de croissance très limitées (la participation de BNP Paribas dans la branche assurances serait limitée à 25 % et ne serait donc pas une priorité pour le groupe français).

- pour le personnel
- Les pertes d’emploi en Belgique et au Luxembourg, étalées sur 3 ans, se limiteraient à 2 800 postes et se feraient en grosse majorité sans licenciement (départs naturels, contrats temporaires, prépensions …), alors qu'ave le scenario BNP Paribas, 5 000 pertes d'emploi sont à craindre et, au  niveau international, quelques activités pourraient fusionner.
- Les centres de compétences et de décision resteraient en Belgique (au lieu de déménager à Paris).

- pour les autorités et le contribuable
- L’Etat ne subirait plus de perte sur les actions BNP Paribas qui lui reviennent en vertu de l’accord (et qui se chiffre au cours actuel à environ 3 milliards d’euros).
- Les garanties seraient dispensées au profit d’une institution purement belge et non plus à un groupe français, souffrant de plus d’une plus faible solvabilité : le ratio core tier 1 de BNP Paribas s’éleve à seulement 6,5 %, contre 9,7 % pour Fortis Banque. Le risque de voir ces garanties exécutées est donc plus faible en cas de stand-alone.
- Avec BNP Paribas, le risque d’une nouvelle dilution (suite à une augmentation de capital) de la participation de 11,6 % de l’Etat dans le groupe n’est pas négligeable (vu le faible ratio de solvabilité).
- Avec BNP Paribas, le soutien de l’économie belge ne serait jamais une priorité.
- Avec le stand-alone, les centres de décision resteraient en Belgique.

- pour l’épargnant, le client
- La solvabilité de Fortis Banque est plus élevée que celle de BNP Paribas.
- La banque resterait environ pour moitié aux mains de l’Etat (contre 25% dans le scénario BNP Paribas) et même, de manière indirecte, à 65 %.
- Pas de différence en ce qui concerne la garantie offerte sur les dépôts (jusqu’à 100 000 EUR par personne). 
- En cas de priorité à donner à l’octroi de crédits, elle sera réservée aux clients belges (entreprises ou particuliers), ce qui ne serait pas nécessairement le cas avec BNP Paribas.

SCENARIO BNP PARIBAS
Présentation simplifiée du scénario tel qu’il sera soumis au vote des actionnaires les 28 et 29 avril.

 

SCENARIO STAND-ALONE
Présentation simplifiée du scénario stand-alone.
Ceci n’est qu’une des multiples possibilités de structure. 
Mais toutes ont pour but de réunir les activités banque et  assurances, en récupérant une partie des activités bancaires et leur potentiel.
        

 

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