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Fortis new look : dans l'intérêt de tous

il y a 9 ans - lundi 23 février 2009
Quelques mots d'explications encore concernant le scénario stratégique que nous préconisons pour l’avenir de Fortis Holding.

Concrètement, nous proposons le rachat de  25 % de Fortis Banque à l’Etat et la renégociation d'une option d’achat sur 25 à 50 % du solde. L’opération serait financée par la revente de 25 % de Fortis Insurance Belgium à Fortis Banque et par une partie des liquidités aujourd’hui dans le holding. Le portefeuille d’actifs toxiques resterait quant à lui logé dans la banque et ferait l’objet d’une garantie de l’Etat. Enfin, tout sera tenté pour récupérer les assurances néerlandaises. Au vu des questions soulevées autour de la valorisation réelle des actifs néerlandais, un retour de ces activités pour 1 euro symbolique ne nous semble pas illusoire. Le choix de ce scénario est justifié par le fait qu’il préserve au mieux, vu les circonstances, les intérêts des différentes parties.


Pour l’actionnaire, qu’un nouvel accord avec BNP Paribas se concrétise ou pas (les négociations semblent piétiner à l’heure d’écrire ces lignes), ce scénario reste faisable. Il dote le holding d’un véritable projet industriel autour de l’assurance tout en préservant le modèle de bancassurances et en permettant de profiter du futur redressement d’une partie des activités bancaires belges… là où, précisément, le préjudice subi a été le plus important  (les rumeurs autour du récent rapport du consultant McKinsey commandé par Fortis Banque évoqueraient un valorisation près de deux fois plus élevée que le prix de cession !!) Notre scénario viendrait gonfler la valeur intrinsèque de 1,30 EUR par action, voire 2,90 EUR au moins en cas d’accord raisonnable avec les Néerlandais. Evaluée très prudemment la valeur intrinsèque serait alors de 4 à 5,60 EUR.


Pour les épargnants, rien ne change si ce n’est, qu’en cas d’abandon de la piste BNP Paribas, être le client d’une banque majoritairement détenue par l’Etat offrira encore une assurance supplémentaire, au-delà de la garantie habituelle des 100 000 euros sur les comptes.


Pour les employés, les conclusions, relayées par la presse, du rapport du consultant McKinsey commandé par Fortis Banque sont logiques. Si BNP Paribas se retire, le stand alone étant parfaitement viable, l’emploi sera bien mieux préservé qu’avec le Français, dont les 500 millions d’euros d’économie annoncées laissent augurer au moins 5 000 suppressions d’emplois. 


Pour l’Etat (et le contribuable),grâce au produit de la vente de 25 % de Fortis Banque et la suspension du financement du portefeuille toxique sur lequel il donnerait alors une simple garantie, la facture serait réduite de 4,35 milliards d’euros. Et en évitant le deal avec BNP Paribas, l’Etat se verrait en outre libéré d’une moins-value potentielle sur ses actions BNP Paribas de pas moins de 5,5 milliards ! 
A l’heure où l’option de l’adossement à BNP Paribas n’est plus soutenue que par une minorité, il nous paraît urgent que les actionnaires soient invités à la table des négociations. In fine, ceux-ci devront de toute façon se prononcer lors d’une future assemblée générale… Alors que le secteur financier continue de s’enliser (en point de mire : les nouvelles difficultés de KBC), nous espérons que l’Etat prendra ses responsabilités en travaillant à des solutions équitables, dans l’intérêt des différentes parties.

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