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Que nous a appris la reprise du procès le 7 janvier ? il y a 9 ans - dimanche 20 janvier 2008

Après une petite “trêve hivernale”, le procès Lernout & Hauspie a repris le 7 janvier avec la défense des quatre anciens dirigeants. Si Jo Lernout et Gaston Bastiaens, respectivement responsables en tant que fondateur et directeur général, ont continué à clamer leur innocence, Paul Hauspie et Nico Willaert, respectivement co-fondateur et homme fort en coulisses, ont en grande partie reconnu leurs fautes. 
Dans le cadre de l’action que mènent Deminor/Test-Achats pour permettre aux investisseurs de revoir un tant soit peu la couleur de leur argent un jour, il s’agit là assurément d’une évolution favorable.

 

Rien de bien neuf sous le soleil
Bien que les médias aient largement commenté les aveux d’Hauspie et Willaert, ceux-ci n’ont en réalité, pour celui qui suit le procès de près, pas grand-chose d’inattendu.
Dès le stade de l’enquête pénale en effet, il était apparu clairement qu’ils ne niaient pas un certain nombre de faits qui leur étaient imputés par le Ministère public. Il était dès lors à prévoir que leurs avocats respectifs ne remettraient pas en cause ces points et opteraient au contraire pour une attitude humble dans l’espoir de pouvoir éviter une peine de prison effective à leurs clients. 
Un élément plus important est que leurs déclarations font ressortir que tant les membres du conseil de la société de technologie vocale que la banque Artesia (aujourd’hui Dexia) et le reviseur d’entreprises KPMG devaient être au courant des faits commis.

 

Pas d’éléments précis pour réfuter le réquisitoire…
Dans le cadre de l’action de Deminor/Test-Achats, il est également important de souligner que ni dans la défense de Jo Lernout, ni dans celle de Gaston Bastiaens, des éléments précis susceptibles de balayer les accusations du Ministère public n’ont pu être mis en avant.

 

… mais pas non plus de quoi pavoiser
Du point de vue des investisseurs dupés dans le dossier de la faillite de Lernout & Hauspie, le procès évolue jusqu’à présent dans la bonne direction. Mais cela ne signifie pas encore qu’ils récupéreront effectivement leur argent. Les parties auprès desquelles il faudra aller chercher cet argent, à savoir Dexia et KPMG, doivent en effet encore se défendre et tout indique qu’elles devraient le faire, becs et ongles, début février. 
Une fois que les avocats de tous les accusés auront eu la parole, viendra le tour des parties civiles et donc aussi de Deminor/Test-Achats. Ensuite, les défenseurs des accusés auront une fois encore la possibilité de donner une ultime réplique. D’ici là, il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre calmement la suite des événements. Nous vous tiendrons au courant.

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