Analyse
Picogiga il y a 18 ans - mardi 20 octobre 1998

PICOGIGA - pas de diversification dans la base de clients - n'achetez pas

• Semi-conducteurs
• Paris (Euro.NM)
• 85 FRF

"Notre entreprise n'est pas infectée par le virus asiatique ", a déclaré fièrement la semaine dernière L. Nuyen, PDG de Picogiga, société française de semi-conducteurs. Soit, mais la société n'est peut-être pas saine pour autant. A fortiori si son partenaire commercial est enrhumé...
Picogiga elle-même est en excellente forme : le chiffre d'affaires a progressé de 40% lors des six premiers mois de 98 par rapport à la même période l'année dernière, ses semi-conducteurs à la pointe du progrès sont utilisés sur les marchés en plein essor des télécommunications mobiles et dans l'industrie de défense - sans oublier le marché des systèmes radars anticollision sur les voitures (comme sur la nouvelle Mercedes série S). En fait, Picogiga reste épargnée par les maux qui frappent l'industrie des semi-conducteurs informatiques. De plus, la société a réussi à doubler sa capacité de production en construisant une nouvelle usine. Toutefois, Picogiga a manqué à une des lois économiques de base - ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier - en ne diversifiant pas sa base de clients. Depuis septembre dernier, Motorola (35% du chiffre d'affaires de Picogiga) a interrompu ses commandes. Pourquoi ? Motorola a brusquement décidé de procéder au passage tant attendu des téléphones mobiles analogiques aux téléphones numériques et a par conséquent retardé ses commandes. Résultat, Picogiga tente à présent de signer des contrats avec Nokia, Ericsson et probablement Sony pour diversifier sa base de clients. En tout cas, les ventes de Picogiga vont faiblir (les ventes du 3ème trimestre ont chuté de 34% par rapport au 2ème).

A court terme, Picogiga semble fragile mais à long terme, la société n'est pas en réel danger. Néanmoins, nous aimerions voir affluer plus de commandes avant d'investir. N'ACHETEZ PAS.

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