Analyse
Que faire des actions BIL ? il y a 19 ans - mardi 25 mai 1999

QUE FAIRE DES ACTIONS BIL ?

Je possède depuis plusieurs années des actions de la Banque Internationale à Luxembourg (BIL). J'ai appris que le groupe Dexia avait lancé une offre publique d'échange (OPE) sur ces actions. Cependant, lorsque je me suis rendu chez mon banquier, celui-ci m'a annoncé qu'il était déjà trop tard pour répondre à cette offre. Que puis-je faire de mes actions ?

Une opération plus que rondement menée

Le moins que l'on puisse dire est que Dexia n'a pas perdu de temps. Initialement, le groupe franco-belge s'était engagé lors de la conférence de presse internationale à clôturer son offre durant la deuxième quinzaine du mois de mai. Finalement, l'opération qui a démarré le 26 avril a été écourtée, le dernier jour de souscription étant le 12 mai. De plus, Dexia a profité de la réglementation luxembourgeoise - peu stricte - qui est d'application en la matière. En effet, celle-ci interdit la publicité dans les quotidiens hors du grand-duché pendant la durée de l'offre et ne prévoit pas l'obligation de rouvrir l'offre (en Belgique, c'est le cas si 90 % des titres ont été apportés). Or, Dexia a demandé la radiation de l'action BIL de la cote luxembourgeoise. Celle-ci aura lieu le 31 août au plus tard.

Alternatives peu avantageuses

Pour répondre à votre question, il n'y a malheureusement pas de bonne alternative à l'OPE. La seule chose que vous puissiez faire est de placer un ordre de vente en Bourse, assorti d'un cours limite. Vous avez cependant peu de chance d'obtenir l'équivalent de l'offre en titres (5 Dexia Belgium + 10 Dexia France + 41 000 francs). Depuis l'offre, le cours de BIL en Bourse de Luxembourg se situe systématiquement en-dessous de cette contre-valeur. Pour l'instant, en effet, seuls un peu plus de 1 % des actions sont encore en circulation, ce qui rend les transactions peu liquides.

Actionnaires selon la loi "Rau" encore plus défavorisés

Certains actionnaires, résidents luxembourgeois (de nationalité belge ou luxembourgeoise) ou assimilés, n'ont pu répondre à l'offre de Dexia et ne peuvent non plus vendre maintenant, leurs actions étant bloquées. La loi luxembourgeoise permet en effet aux résidents du grand-duché de déduire une partie de leurs investissements en actions luxembourgeoises de leur revenu imposable, à condition de ne pas revendre celles-ci avant quatre ans. Mais dans le cas des actions BIL, celles-ci ne seront plus cotées lorsque ces actionnaires pourront les revendre et ils n'auront aucune garantie d'en obtenir un montant comparable à l'offre. Dexia pourrait faire une offre à ces actionnaires, mais en appliquant une décote (réduction) par rapport à l'offre qui vient d'être clôturée...

Un peu de fair-play

Même si l'on ne peut reprocher à Dexia le non-respect de la réglementation luxembourgeoise en vigueur dans le cas de BIL, un peu de fair-play aurait été appréciable dans cette opération. Une diffusion plus large et plus rapide de l'information, ainsi qu'une durée plus longue de l'offre dans le respect des dates envisagées initialement, auraient permis aux actionnaires de faire leur choix en pleine connaissance de cause. Ce ne fût pas le cas... Certains se retrouvent désormais avec des titres très peu liquides et bientôt même plus cotés.

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