Analyse
Actions il y a 17 ans - mardi 4 janvier 2000

ACTIONS

· Même si l'année dernière, la Bourse belge a plutôt fait de la figuration dans le mesure où elle est restée en retrait des autres Bourses, plusieurs sociétés ont procédé à une augmentation de capital. Ce fut le cas pour Real Software (BH 907), IBA (BH 907), Neuhaus (BH 910), KB Luxembourg (BH 910), Telinfo (BH 913) Kinepolis (BH 915), la sicafi Cofinimmo (BH 917), Creyf's (BH 921), Olivetti (BH 922) et Repsol (BH 924). Une augmentation de capital signifie qu'un plus grand nombre d'actions sont mises en circulation et que le bénéfice doit dès lors être réparti entre davantage d'actions. Parfois, vous pouvez compenser ceci en vendant le coupon qui doit servir pour l'augmentation de capital mais cela n'est pas toujours possible et vous risquez alors de subir une dilution des bénéfices. Si vous ne participez pas à une augmentation de capital et que vous ne vendez pas vos coupons, ceux-ci sont bien souvent vendus par la suite par la société en question sous la forme de scripts. Généralement (BH 923 Neuhaus, BH 934 Cofinimmo), vous recevez de l'argent pour vos coupons, mais parfois (BH 899, Creyf's), vous ne recevez rien.
· L'année dernière toujours, la demande effrénée de nouvelles actions lors des introductions en Bourse a souvent donné lieu à une clôture anticipée (BH 915), ce qui a parfois laissé certains investisseurs sur leur faim. C'est pourquoi nous insistons, avec la Commission Bancaire et Financière, pour que les investisseurs puissent recevoir le prospectus au moins cinq jours ouvrables avant le début de la période de souscription afin de pouvoir souscrire au plus vite en parfaite connaissance de cause. Lors de l'introduction en Bourse de NetVision (BH 904, BH 926), devenue depuis Ubizen, nous avons même assisté à une véritable fièvre acheteuse qui, associée à la réglementation spéciale en vigueur sur l'Easdaq, a été la source d'une grande désillusion dans le chef de certains investisseurs qui ont alors décidé de constituer un groupe de pression (BH 919).
· L'année dernière également, la vague de fusions et acquisitions n'a pas trahi le moindre signe d'essoufflement, ce qui a débouché sur plusieurs offres publiques d'achat (OPA) ou d'échange (OPE). Par cette procédure, le candidat repreneur offre ainsi le même prix à tous les actionnaires. Cela a été le cas pour Cockerill Sambre (BH 905, BH 907), BIL (BH 916), PetroFina (BH 916), Belcofi (BH 921), Hoogovens (BH 928), Tractebel (BH 937), Elf (BH 934) et CBR (BH 943). Dans la plupart des cas, vous n'avez en fait pas d'autre choix que de souscrire à l'offre mais parfois, comme pour BIL (BH 918), vous avez à peine eu le temps de la réflexion, ce qui nous a amenés à plaider pour davantage de fair-play dans le chef du repreneur. Ces opérations ont aussi eu pour conséquence que le Bel 20 a dû être remodelé à plusieurs reprises. Les fonds investissant dans les actions du Bel 20 devant suivre cette évolution (BH 922, BH 930), cela a dans certains cas fortement influencé le cours des valeurs du Bel 20.
· Certaines sociétés cotées ont introduit des filiales en Bourse et ont attribué à cette occasion à leurs actionnaires des actions de ces filiales. Ainsi, en tant qu'actionnaire de General Motors, vous avez reçu des actions Delphi (BH 921) et des actions Dolmen en tant qu'actionnaire de Colruyt (BH 937).
· En 1999, bon nombre de sociétés ont procédé à un split (scission) de leurs actions. Citons notamment Fortis AG (BH 899), UCB (BH 899), Cegedel (BH 900), Creyf's (BH 917), BGL (BH 918), AVH (BH 921), IBA (BH 921), Econocom (BH 921), Systemat (BH 924), Texas Instruments (BH 928), BMW (BH 930) Colruyt (BH 937) Bekaert (BH 943). En principe, un split ne vous rend ni plus pauvre ni plus riche. Le cours des actions est certes nettement réduit mais vous recevez aussi un plus grand nombre d'actions. Nous insistons également sur le fait que la pratique démontre qu'en général, le cours des actions augmente lors de l'annonce de leur scission (BH 902, BH 905). Plusieurs sociétés ont aussi procédé à un regroupement d'actions, ce qui revient en fait à l'inverse d'un split. Ce fut le cas pour Unilever (BH 916), Philips (BH 919) et Montedison (BH 923). Il reste toutefois beaucoup à faire quant au coût que les institutions financières portent en compte pour ces opérations (BH 911, BH 926).
· Plusieurs sociétés belges ont également émis des strips VVPR. Union Minière (BH 909) et Bekaert (BH 943) ont été les derniers à le faire en 1999. Si vous amenez les coupons de vos strips VVPR en même temps que les coupons des actions, on ne vous retient qu'un précompte mobilier de 15 % au lieu de 25 %. Pour les actions dont l'exercice se clôture au 31 décembre, les coupons des strips VVPR doivent être ramenés avant le 30 novembre. Dans le cas contraire, vous perdez votre droit au précompte réduit (BH 941).
· Misant sur l'intérêt croissant pour les actions et les produits dérivés, plusieurs institutions spécialisées comme la société française Société Générale ont émis des warrants call liés à des actions particulières (BH 934) ou à des paniers d'actions (notamment des indices boursiers). Les warrants call ou options call ne s'adressent normalement qu'aux spéculateurs avertis prêts à investir une partie de leurs économies en sachant parfaitement qu'ils risquent de tout voir partir en fumée. Nous avons à l'époque conseillé aux spéculateurs d'acheter un warrant call sur l'indice Nikkei (BH 937), conseil qui s'est depuis avéré fort judicieux (BH 944).
· Nous avons une fois de plus attiré l'attention sur la difficulté d'encaisser les dividendes des actions étrangères, assurément lorsqu'il s'agit de dividendes intérimaires puisque cela concerne de faibles montants (BH 934). Le fait que ces dividendes soient soumis au précompte national et étranger y est certainement pour quelque chose. Il est toutefois possible de limiter l'impôt étranger grâce à une procédure bien précise mais hélas fort complexe (BH 911). Lorsqu'une société vous donne le choix entre un dividende en liquide ou en nouvelles actions (BH 930), cette dernière option est fiscalement plus intéressante. Lorsque ces actions sont représentées par des certificats, vous n'avez pas le choix et cette deuxième possibilité est généralement appliquée d'office (BH 931).
· A la lumière de la dématérialisation croissante, plusieurs sociétés ont aboli leurs actions au porteur. Les investisseurs qui détenaient matériellement des actions Novartis (BH 919), Olivetti (BH 924) Siemens (BH 928) et Deutsche Bank (BH 930) ont dû les ramener et les remplacer par des actions nominatives sur un compte-titres.

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