Analyse
Belvédère il y a 17 ans - mardi 3 octobre 2000

BELVEDERE: le spécialiste français des spiritueux reste empêtré dans les démêlés judiciaires

· Spiritueux
· Paris (Euro.NM)
· 50 EUR

Belvédère, concepteur français de bouteilles de luxe pour spiritueux et également producteur, a clôturé son 1er semestre sur un chiffre d’affaires stable par rapport à l’année dernière. Des conditions climatiques peu favorables à la consommation de vodka en Europe de l’Est et une forte progression du deuxième producteur de vodka en Pologne sont à l’origine de ces performances. La Pologne reste néanmoins le principal marché de Belvédère qui a pu y maintenir ses parts de marché (7 %). Certains éléments soulèvent toutefois quelques interrogations. Le Parlement polonais a ainsi adopté une loi visant à transférer les droits de distribution de la vodka des sociétés de distribution aux distilleries. Même si cette loi est actuellement analysée par la Cour Constitutionnelle et n’est donc pas encore en vigueur, son application pourrait remettre fondamentalement en cause les droits de distribution d’Euro-Agro, la filiale de Belvédère en Pologne. Par ailleurs, le gouvernement polonais a entamé la privatisation des distilleries, dont celle de Zyrardow qui intéresse Belvédère. Zyrardow produit e.a. la vodka Belvédère, marque faisant actuellement l’objet d’un litige entre la société française et le gouvernement polonais, ce qui ne place guère Belvédère en position de force par rapport aux autres candidats acquéreurs. Et parmi ceux-ci, nous retrouvons Philips Millenium, l’ancien distributeur de vodka Belvédère aux USA et avec lequel le producteur français est toujours en litige pour la distribution de la vodka sur le Continent américain. Belvédère ne pourra donc probablement pas acheter Zyrardow et perdra ainsi ses droits de distribution en Pologne et aux USA. Par contre, il continuera la bataille pour la distribution de Belvédère dans le reste du monde, un choix qui engendrera de nouveaux frais d'avocat.
La société a dès lors pris les mesures d’urgence et cherche à se développer sur le marché du vin en Europe Centrale et Orientale.

Compte tenu d’un chiffre d’affaires décevant, nos estimations bénéficiaires par action passent de 5,9 à 4,73 EUR en 2000 et de 8,38 à 7,09 EUR pour 2001. N'ACHETEZ PAS.

Partagez cet article