Analyse
Genset il y a 16 ans - mardi 20 février 2001

GENSET - un partenariat s’avère crucial pour le financement du dégagement de 2 molécules par an

· Biotechnologie
· Paris (Euro.NM)
· 41,70 EUR

La société biotechnologique française Genset entame sa nouvelle stratégie annoncée au mois d’août dernier. Elle utilisera ainsi ses connaissances en génomique pour se concentrer sur la découverte, pour son propre compte, de nouvelles molécules dans les domaines du métabolisme et du système nerveux central. Notons à ce sujet que des résultats prometteurs ont déjà été publiés quant à la principale molécule en développement chez Genset, la Famoxin, surnommée « insuline de l’obésité » et testée sur des souris. Des tests (phase I) sur les hommes sont prévus fin 2001.
Un succès des premiers tests cliniques de la Famoxin sur l’homme ouvrirait assurément de jolies perspectives pour Genset qui pourrait ainsi séduire un partenaire voire susciter, à terme, la gourmandise d’un acquéreur.
Pas d’enthousiasme exagéré, cependant. Car si l’obésité touche un quart de la population américaine et européenne, soit un énorme marché, personne ne connaît encore la proportion concernée par la Famoxin et un médicament - bien sûr hypothétique à l’heure actuelle - n’est guère attendu sur le marché avant 5 ans. Mais si Genset, comme il tente de le faire, conclut rapidement un partenariat avec un géant de l’industrie pharmaceutique, il pourrait percevoir des revenus sans attendre cette date, auquel cas, il pourrait aussi potentiellement devenir rentable en 2002, soit bien avant 2005, date d’équilibre dans l’hypothèse de l’absence d’un partenaire.
Mais au-delà de la question de la rentabilité, la recherche d’un tel accord s’avère cruciale pour le financement de la recherche de Genset. La vente programmée de la division rentable d’oligonucléotides (un des leaders mondiaux de l’ADN synthétique) viendrait certes donner un coup de pouce, de même que la suppression nette de 54 emplois (soit 1/10 du total actuel). Mais les ambitions de Genset, à savoir dégager 2 molécules par an, nécessitent de gros moyens et un parcours solo ne peut s’envisager actuellement avec quelque 70 millions d’euros en caisse contre des dépenses annuelles de 40 millions d’euros en R&D.

Si la nouvelle stratégie est sans doute la meilleure pour viser la croissance, elle n’en demeure pas moins très risquée alors que Genset ne dispose encore que d’une seule molécule en développement et que sa situation financière n’est guère des plus brillantes. Au cours actuel, nous jugeons le coup jouable mais uniquement pour les plus audacieux d’entre vous. ACHETEZ.

EVOLUTION DE GENSET EN EUR

Partagez cet article