Analyse
Ne participez pas à l'augmenttion de capital de BT il y a 16 ans - lundi 14 mai 2001

NE PARTICIPEZ PAS A
L'AUGMENTATION DE CAPITAL DE BT

Dans le cadre de la restructuration annoncée la semaine passée, l’opérateur télécom britannique BT envisage de récolter 5,9 milliards de livres auprès de ses actionnaires. L'objectif premier de cette augmentation de capital est d'alléger le niveau d'endettement colossal du groupe, après les investissements consentis dans la mobilophonie et l'expansion à l’étranger. Par lot de dix actions en votre possession, vous pouvez souscrire à trois nouvelles actions BT au prix unitaire de 300 pence, soit une décote de 47 % par rapport au cours de clôture du 9 mai : 568,5 pence.

Mauvaise excuse

Alors que le plan initial de BT prévoyait de vendre en Bourse une partie de sa mobilophonie pour réduire sa dette, le groupe fait aujourd'hui marche arrière. Selon la direction, au vu de la situation actuelle du marché, vendre aujourd’hui serait brader, ce qui reviendrait à détruire de la valeur pour l’actionnaire. Un avis que nous ne partageons pas, les actions de mobilophonie actuellement cotées, comme TIM, Telefonica Moviles, Orange ou Vodafone, nous semblant plutôt chères. Selon nous, mieux vaudrait donc essayer de vendre une partie de la mobilophonie plutôt que de soutirer des fonds aux actionnaires une fois les erreurs commises, notamment en ce qui concerne les sommes payées pour la licence UMTS en Allemagne.

Attention au mirage !

Si la possibilité d'acheter l'action BT au prix de 300 pence peut sembler intéressante à première vue, il s'agit en fait d'un faux-semblant. Soit l’actionnaire souscrit pour garder le même pourcentage du capital, soit il vend ses droits pour obtenir du liquide. Mais en tout état de cause, après l’opération, le cours de l'action sera moindre. Passons aux chiffres pour éclaircir ce mystère. Si l'on suppose un cours de 540 pence par action BT, l’actionnaire qui aurait dix actions et qui souscrirait pour trois détiendrait alors l’équivalent de (10 x 540 + 3 x 300), soit 6 300 pence ou encore 484,6 pence par action (6300/13). La différence entre 540 pence (le cours actuel) et 484,6 pence (la nouvelle valeur théorique par action) serait donc de 55,4 pence, ce qui correspond à la valeur d'un droit. Si l’actionnaire n’exerce pas ses droits, il peut les vendre sur le marché. Celui qui voudrait acheter une action à 300 pence devrait également acquitter des droits pour 10/3 x 55,4 pence, soit 184,6 pence. Au total, une action lui coûterait donc… 484,6 pence. Bref, personne n’est lésé, mais personne n'est gagnant non plus.

Sanction

Nous regrettons que BT ait décidé de ne pas vendre une partie de sa mobilophonie comme prévu. C'est pourquoi nous modifions notre conseil d'"acheter" à "conserver" (voyez également p. 8) et vous recommandons de donner l’ordre à votre intermédiaire financier de vendre vos droits dès qu’ils seront cotés, soit à partir du 21 mai.

Partagez cet article