Analyse
Bookham Technology il y a 16 ans - mardi 10 juillet 2001

BOOKHAM TECHNOLOGY - le prétendu leadership technologique n’apparaît toujours pas dans les résultats

· Optoélectronique
· Londres
· 157,50 pence

Bookham, fabricant anglais de composants optiques pour télécoms, a revu radicalement à la baisse ses prévisions pour le 2e trimestre. Alors qu’il prévoyait encore récemment (E-R 83) une baisse des ventes de 25 à 40 % par rapport au 1er trimestre, il anticipe aujourd’hui un repli de 45 à 55 %. Conséquence : de nouveaux "remerciements" et l’amortissement d’une partie des stocks (périmés).
L’histoire de Bookham est en fait assez simple : au second semestre de l’an 2000, la société a considérablement étoffé sa capacité de production à un moment où la demande de composants optiques commençait à fléchir. Résultat : une société cruellement déficitaire qui, dans de pénibles conditions économiques, essaie tant bien que mal de garder la tête hors de l’eau. Mais les perspectives à court terme sont peu réjouissantes. Plusieurs problèmes fondamentaux minent en effet le secteur optique. Tout d’abord, les sociétés télécoms enlisées dans d’insurmontables dettes ont coupé le robinet des investissements. Ensuite, nous avons observé un changement dans l’affectation des dépenses. Au lieu d’investir des millions dans la construction physique de réseaux de communications, les opérateurs se tournent vers les solutions logicielles qui permettent d’offrir une multitude de services sur ces mêmes réseaux et ce faisant, de répondre aux exigences de rendement de leurs actionnaires. Voilà pourquoi Nortel (client n° 1 de Bookham) et d’autres spécialistes n’attendent pas de redressement du secteur optique avant le second semestre 2002. Et d’ajouter qu’il ne faut plus espérer des pourcentages de croissance tels que ceux observés ces quatre ou cinq dernières années. Cela ne signifie donc rien de bon pour Bookham dont l’équilibre financier semble plus éloigné que jamais.

L’actuelle valorisation est surtout soutenue par les réserves de liquidités (environ 200 millions GBP ou 160 pence par action), mais celles-ci fondent de 30 millions chaque trimestre. Et le leadership technologique revendiqué par Bookham n’apparaît toujours pas, loin s’en faut, dans l’évolution des résultats d’exploitation. N’ACHETEZ PAS.

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