Analyse
BMW, Pirelli et Koramic : de nouveaux conseils il y a 16 ans - mardi 21 août 2001

BMW, PIRELLI ET KORAMIC :
DE NOUVEAUX CONSEILS

Si Budget Hebdo n'est pas paru durant deux semaines, nos analystes financiers n'ont pas chômé pour autant. Au cours de cette période, et sur base des événements récents, les conseils relatifs à quatre actions de notre sélection ont été modifiés. Il s'agit de Bayer (voyez p. 7), BMW, Pirelli et Koramic. Nous passons les trois dernières en revue.

Très bons résultats semestriels pour BMW

Conformément aux attentes, le constructeur automobile allemand BMW (34,90 EUR) a présenté d'excellents résultats pour le deuxième trimestre. Le bénéfice par action s'est élevé à 0,82 euros, soit un peu plus que les 0,7 euros du premier trimestre, mais nettement plus que les 0,33 euros du deuxième trimestre 2000. Une époque au cours de laquelle les pertes de la filiale britannique Rover (depuis lors vendue) pesaient encore sur les résultats. Au niveau de la marque BMW, qui représente 90 % du résultat brut, le succès des modèles S3 et X5 a contribué à la progression de 18 % du chiffre d'affaires au deuxième trimestre. Mais au total, les frais de lancement des nouveaux modèles ont entraîné une rentabilité moindre qu'au premier trimestre. Des frais de promotion qui risquent d'augmenter encore au second semestre en raison du lancement en Europe continentale de la nouvelle Mini et de la BMW S7. Pour 2001 et 2002, nous abaissons légèrement nos prévisions bénéficiaires, de respectivement 2,65 à 2,5 euros et de 2,83 à 2,7 euros par action. Les résultats semestriels confirment que la stratégie adoptée – à savoir la production de voitures haut de gamme et de marque exclusive – est la bonne. Les marges y figurent parmi les plus élevées du secteur. BMW entend poursuivre dans cette voie en lançant ces prochaines années de nouveaux modèles comme la S1 et la S6. De par son positionnement dans le segment du luxe, et hormis l'époque de la reprise de Rover, la rentabilité de BMW a toujours surpassé celle de ses concurrents. Le cours de l'action BMW s'est donc mieux comporté que la moyenne du secteur automobile. Au cours actuel, l'action est cependant chère. Nous vous conseillons de prendre votre bénéfice et de vendre vos actions. D'autant plus que le succès de la Mini n'est pas assuré et que la S3 – qui représente 65 % des ventes  – souffre de plus en plus de la concurrence.

EVOLUTION DE L'ACTION BMW ET DU SECTEUR AUTOMOBILE EUROPEEN

En misant pleinement sur le segment des voitures de luxe de marque exclusive, la rentabilité de BMW (en gras, base 100) surpasse celle de ses concurrents, ce qui se traduit par des hausses de cours supérieures à la moyenne. Selon nous, vous pouvez en profiter pour vendre vos actions BMW.

Pirelli reprend Olivetti

On savait Pirelli, spécialiste des pneus et câbles, (2,33 EUR) à la recherche d'investissements pour améliorer son profil sur le marché des technologies. C'est maintenant chose faite avec le rachat de 27 % de son compatriote Olivetti en partenariat avec le holding de contrôle de Benetton. Mais derrière Olivetti, ce sont ses 55 % dans Telecom Italia, 1er opérateur de télécoms de la Péninsule, qui sont visés. Selon nous, Pirelli risque d'avoir eu les yeux plus grands que le ventre. En payant une prime de 80 % par rapport au dernier cours, Pirelli valorise en effet Olivetti à un niveau que nous jugeons trop élevé et qui pèsera sur la rentabilité ces prochaines années. De plus, la société souffre d'un important endettement suite au rachat de Telecom Italia. Quant à cette dernière, la concurrence que connaît le secteur des télécoms limite fortement tout potentiel d'amélioration de la rentabilité dans l'immédiat. Enfin, la faible complémentarité des activités ne devrait pas entraîner de réelles économies de coûts. Selon nos premiers calculs et sur base des rares informations données par Pirelli, l'acquisition, financée par dettes, aura en 2001 et 2002 un impact dilutif sur le bénéfice par action entre 50 et 70 %. Nous prévoyons un bénéfice par action courant de 0,11 euros en 2001 et de 0,075 euros en 2002. L'annonce de la vente prochaine des activités pneus camions – une division de taille modeste – et câbles énergies – division pourtant décrite comme une niche à haut potentiel – n'est pas de nature à rassurer les actionnaires de Pirelli.
Pirelli s'écarte de la voie qui avait fait son succès jusqu'ici et qui consistait à se concentrer sur la production haut de gamme, tant dans les pneus que dans les câbles, pour se lancer dans la gestion d'un groupe que le management voudrait technologique mais qui prendra d'abord des airs de holding. En outre, la question de la dette d'Olivetti reste épineuse. Après révision de nos attentes bénéficiaires, l'action est devenue chère. Conservez en attendant les détails du plan de restructuration d'Olivetti, mais n'achetez plus.

Koramic abaisse ses prévisions bénéficiaires

Après un premier semestre nettement moins bon que prévu, le producteur de matériaux de construction Koramic (35,20 EUR) table désormais sur un chiffre d'affaires stable pour l'ensemble de l'année, alors qu'une croissance de 10 % était encore envisagée en mars dernier. En cause, la faiblesse persistante des marchés allemand, autrichien et suisse (lesquels représentent 28 % environ de son chiffre d'affaires) qui ne peut être compensée par les autres marchés géographiques. Dans le Benelux (16 %), les activités restent stables et aux Etats-Unis (12 %), où le groupe est surtout actif dans la construction résidentielle, les résultats s'inscrivent en léger recul, dans un marché qui s'était déjà stabilisé en 2000 après plusieurs années de forte croissance. Pour l'année en cours, nous tablons désormais sur un recul de 16 % du bénéfice par action (contre une progression de 9,4 % précédemment) qui devrait atteindre 3,3 euros.
Au cours actuel, l'action reste malgré tout fondamentalement bon marché. La participation de 25 % du groupe dans l'autrichien Wienerberger qui vaut à elle seule 31,8 euros, soit 85 % de la capitalisation, alors qu'elle ne génère que 65 % du chiffre d'affaires, devrait assurer un solide soutien au cours. Néanmoins, nous n'achèterions plus Koramic, du moins jusqu'à la publication des résultats semestriels en septembre (le 28 août pour Wienerberger). Des résultats qui risquent bien de se révéler fort décevants. Conservez.

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