Analyse
Genset il y a 15 ans - lundi 11 mars 2002

GENSET - le risque de faillite est écarté mais l’horizon bénéficiaire demeure incertain

· Biotechnologie

· Paris NM

· 7,05 EUR

Le n°1 français de la génomique, Genset, a une fois encore publié des résultats peu réjouissants. Son chiffre d’affaires pour l’exercice 2001 s’est ainsi établi à 19,5 millions EUR, soit un recul de 35 % par rapport à l’exercice 2000. En cause, l’arrêt des contrats de recherche que le groupe honorait pour des sociétés pharmaceutiques. En dépit d’une réduction de 6 % des charges d’exploitation, la société affiche d’autre part une perte courante par action (hors éléments exceptionnels) de 6,14 EUR contre 4,35 EUR pour l’exercice 2000, soit une détérioration de l’ordre de 41 %. Malgré ces résultats, Genset a fourni de gros efforts pour améliorer sa trésorerie et s’est même assuré une certaine sérénité financière. En effet, il a annoncé la cession de sa division Oligonucléotides à Proligo, filiale du chimiste allemand Degussa, pour un montant de 25 millions EUR ainsi que de sa participation de 10 % dans Ceres pour 15 millions EUR. Ces cessions d’actifs non stratégiques ainsi que la "ligne d’actions" souscrite auprès de la Société Générale lui permettront de dégager une trésorerie supplémentaire comprise entre 82 et 92 millions EUR et donc de faire face aux exigences de trésorerie jusque fin 2003. Seulement voilà, Genset ne doit pas seulement assurer sa survie, il doit aussi devenir rentable. Et en vendant sa division Oligonucléotides, il s’est privé de ses dernières sources de revenus. Désormais, seule la vente des droits et la commercialisation de la Famoxin, la molécule la plus avancée du « pipeline », permettront à Genset de dégager les revenus suffisants pour atteindre la rentabilité. Genset, qui pense trouver un partenaire d’ici la fin de l’année, devrait recevoir un nouveau financement pour son produit, d’autant plus que des tests ont révélé que la Famoxin pouvait être utilisée dans le traitement des malades atteints de diabète.

Si le risque de faillite est écarté, l'horizon bénéficiaire n’en demeure pas moins incertain. La cession d’une licence sur la Famoxin assurerait certes un financement supplémentaire estimé à 100 millions EUR mais ne ferait aussi que repousser l’échéance car seule la commercialisation effective de la Famoxin permettra à Genset de devenir rentable. Des nouvelles positives sur les tests cliniques de phase I qui devraient débuter cet été ne manqueront pas de soutenir le cours. CONSERVEZ.

 

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