Analyse
Fiat il y a 16 ans - lundi 5 août 2002

Fiat (05/08/2002) : résultats trimestriels de nouveau une déception

La division automobile de Fiat (9,75 EUR) accuse au deuxième trimestre une perte opérationnelle de 0,65 EUR par action, soit un niveau supérieur à nos attentes. Fiat nous déçoit, une fois de plus, surtout après les bons chiffres publiés par certains de ses concurrents. Fiat doit non seulement faire face à la chute des marchés italien, brésilien et polonais, mais aussi à la forte concurrence d'autres constructeurs, dont la gamme semble mieux en phase avec la demande des automobilistes. Par ailleurs, les charges financières (0,6 EUR par action) restent à un niveau difficilement supportable. Si on tient compte de la plus-value réalisée sur la vente de 34 % de Ferrari, la perte totale par action s'élève à 0,05 EUR. La direction se voit contrainte de revoir à la baisse les attentes bénéficiaires de la filiale automobile  pour le second semestre : le groupe s’attend à de nouvelles pertes sur cette période alors que les précédentes estimations prévoyaient un retour aux profits pour la fin de l’année. De notre côté, nous tablons sur une perte d’environ 0,75 EUR par action. Au total, et tenant compte des résultats de l’introduction en Bourse de Ferrari, nous revoyons à la baisse nos estimations de pertes : pour 2002, nous prévoyons une perte de 0,86 EUR par action (contre 0,3 précédemment ) et de 0,16 EUR pour 2003 (contre 0,08).

Un récent accord avec les banques octroie au groupe un nouveau crédit (avec obligation de réduire la dette de 50 % avant mai 2003). C'est un ballon d'oxygène, mais il ne résout pas pour autant le problème structurel de Fiat Auto, qui exige un repositionnement total des 3 marques (Fiat, Alfa Romeo et Lancia). Le plan de restructuration annoncé en mai 2002 est certes ambitieux (réduction de l’emploi, sortie accélérée de nouveaux modèles…) mais l’expérience nous a appris à nous méfier des effets d’annonce de Fiat.

Même si la baisse des coûts aura un impact mécanique sur le résultat, la situation restera très difficile pour Fiat qui n’est pas à l’abri de nouvelles déconvenues. L'action est correctement évaluée. Nous ne sommes pas pour autant acheteur, mais vous pouvez conserver.

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