Analyse
Heineken il y a 13 ans - lundi 21 juin 2004

Alors que le secteur brassicole est traversé par une vague de rapprochements, le néerlandais Heineken, un des géants mondiaux, maintient une trajectoire plus prudente.

Cours au moment de l'analyse : 27,45 EUR

Alors que le secteur brassicole est traversé par une vague de rapprochements (comme, récemment, la percée d’Interbrew au Brésil), le néerlandais Heineken, un des géants mondiaux, maintient une trajectoire plus prudente. Même si sa croissance reste inhibée en Europe Occidentale (50 % du bénéfice opérationnel) et aux USA, vu les législations contraignantes, la concurrence féroce (y compris des vins et alcools), la morosité économique et la faiblesse du dollar (Heineken exporte aux USA mais n’y produit pas), le groupe reste fidèle à sa stratégie : se développer via la bière premium de sa marque-phare Heineken et maintenir un portefeuille de marques réduit. Ceci lui permet de dégager une bonne rentabilité et de copieuses liquidités. Grâce à celles-ci et à une structure financière saine, il réalise malgré tout des acquisitions ciblées, dans les pays émergents (Europe de l'Est et Chine notamment). Mais les prix commencent à enfler et, bien évidemment, ses concurrents visent aussi ces zones prometteuses, avec parfois plus d'agressivité. Après plusieurs années de croissance du chiffre d’affaires et du bénéfice, Heineken connaît une période difficile et des perspectives moroses. Le rendement de son dividende se limite à 1,2 % brut. Pour 2004, nous prévoyons un bénéfice en baisse de 8 % (pénalisé notamment par le dollar). Quant à la possibilité de voir Heineken racheté par un autre acteur, elle est bien ténue car la famille Heineken tient à l'indépendance de son groupe. Pour ces raisons et l'action étant chère, n’achetez pas.

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