Analyse
L'année boursière 2005 dans le rétroviseur il y a 11 ans - jeudi 5 janvier 2006

Avec un gain de 20,7 % depuis le 1er janvier 2005, le DJ Stoxx 50 devance légèrement son concurrent américain, le S&P 500, qui affiche une progression de 18,7 % en euro.

Avec un gain de 20,7 % depuis le 1er janvier 2005, le DJ Stoxx 50 devance légèrement son concurrent américain, le S&P 500, qui affiche une progression de 18,7 % en euro.

La palme européenne en 2005 revient à la Bourse autrichienne qui a bondi de 50,1°%. Chez nous, le Bel20 a gagné 21 %. Outre la belle performance d’Umicore (+ 66,8 %) et le rebond de D’Ieteren (+ 70,3 %), que nous jugeons exagéré, la Bourse belge a été portée par les bonnes prestations des valeurs financières (Fortis, KBC, …).

Taux d’intérêt et euro
Les taux d’intérêt ont joué un rôle central dans ces évolutions. Aux Etats-Unis, où les taux d’intérêt ont été relevés à 8 reprises par la Fed, c’est l’ampleur du durcissement monétaire et ses conséquences sur la consommation qui ont inquiété. Au contraire de l’Europe, l’économie américaine reste très largement liée à la consommation intérieure et donc aux conditions de crédit. Chez nous, le statu quo de la BCE en matière de loyer de l’argent pendant la majorité de l’année et des taux longs sous les 3,5 % ont favorisé l’investissement en actions aux dépens des autres formes de placements. Les Bourses ont également anticipé l’impact positif de la baisse de l’euro (- 13,2 %) sur les ventes des exportateurs européens.

Bien orientés
· La hausse du pétrole sur fond de craintes de pénurie a permis au secteur d’être le grand gagnant de l’année. BP (+ 25,6 %) se montre toujours généreux avec ses actionnaires en distribuant de beaux dividendes et en accélérant ses rachats d’actions. Eni (+ 29,9 %) pourrait en faire autant. Royal Dutch a gagné 21,8 % après une année 2004 décevante, mais reste à la traîne de ses concurrents pour ce qui est de la croissance de sa production.
· La hausse des matières premières constatée en 2004 s’est accélérée en 2005 grâce au dynamisme de la demande chinoise et à une offre limitée par des sous-investissements ces dernières années Le zinc a ainsi gagné 73,8 %. C’est évidemment tout bénéfice pour les groupes actifs dans l’extraction comme Rio Tinto (+ 78,5%) ou Umicore (+ 66,8 %). Portés par la demande chinoise et un nouveau mouvement de consolidation, les sidérurgistes ont bien évolué, à l’image d’Arcelor (+ 24,1 %).
· Les valeurs financières ont bénéficié de la bonne orientation des Bourses pour afficher de très belles performances en 2005, tant au niveau des bénéfices que du cours. En gestion de fortune, UBS (+ 30,4 %) et Crédit Suisse (+ 39,4 %) ont dépassé les attentes tandis que les banques de détail Société Générale (+ 39,6 %) et BNP Paribas (+ 28,2 %) affichaient des résultats de premier ordre. De son côté, Fortis (+ 32,4 %) a recueilli les fruits de ses récents investissements dans son réseau commercial. Enfin, s’il est encore trop tôt pour parler d’un mouvement de consolidation dans le secteur, le rachat d’Antonveneta par ABN Amro (+ 13,3 %) ou d’Hypovereinsbank par Unicredito et l’offre avortée de Fortis sur Dexia (+ 15,1 %) témoignent d’un certain dynamisme.
· Le secteur automobile a profité des efforts de restructuration entrepris par divers constructeurs comme Fiat (+ 24,8 %), DaimlerChrysler (+ 22,2 %) et Volkswagen (+ 32,4 %). Ce dernier a également bénéficié de la montée de Porsche dans son capital. Les ennuis à répétition de General Motors (- 44,4 %) n’ont pas pesé outre mesure sur le secteur.

En convalescence
· Les valeurs pharmaceutiques ont retrouvé quelques couleurs après des années de vaches maigres. Les américaines Eli Lilly (+ 14,9 %) et Merck (+ 14,1 %) ont pu récupérer le terrain perdu en cours d’année suite à l’annonce de plans de réduction des coûts. Mais pour le dernier cité, toujours affecté par les problèmes liés au Vioxx, ce plan pourrait s’avérer insuffisant. En 2005, Novartis (+ 19,8 %) a privilégié la croissance externe en rachetant des fabricants de médicaments génériques. Roche (+ 49,9 %) a profité de l’espoir placé dans le Tamiflu, son antiviral contre la grippe aviaire, et de la qualité de son portefeuille de nouveaux anticancéreux.
· Les valeurs télécoms ont évolué en ligne avec le marché. Si le dynamisme se confirme chaque jour un peu plus pour les activités liées à Internet, la téléphonie fixe est en déclin tandis que le mobile arrive à maturité, ce qui renforce la guerre des prix et met un peu plus la rentabilité sous pression. C’est là que se trouvent les explications du profit warning émis par Vodafone (- 8,5 %) ou encore du recul de Belgacom (- 13,4 %). Cette pression sur les marges amène les acteurs de second rang à se faire racheter par les poids lourds. Plus importante est l’offre de Telefonica
(- 4,6 %) sur l’anglais O2. Elle pourrait remettre en cause sa politique de rémunération de l’actionnaire.
· Sans faire d’étincelles, les semi-conducteurs ont bénéficié de la stabilisation des stocks et de ventes dynamiques (PC et mobiles en Asie principalement). Intel (+ 23 %) et Texas Instruments (+ 50,1 %) ont publié de bons résultats. De son côté, Philips (+ 34,6 %) ne parvient toujours pas à nous convaincre de sa capacité à atteindre ses objectifs.

NB : toutes les variations de cours sont exprimées après conversion en euro.

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