Analyse
Suez il y a 11 ans - mardi 28 février 2006

La France protège le groupe Suez d’une attaque italienne.

Fusion avec GDF

La France protège le groupe Suez d’une éventuelle attaque italienne en annonçant une fusion avec GDF. Une réaction discutable, mais une fusion  non dénuée de sens. Le titre Suez est correctement évalué.
CONSERVEZ.

Pour empêcher l’italien Enel d’acquérir Suez, la France a fait part de son projet de fusionner Suez avec GDF (Gaz de France). Une opération dont le succès n’est pas encore garanti : les syndicats risquent de s’y opposer et la Commission européenne pourrait exiger la cession de certaines activités, pour éviter toute position dominante. Certes, l’actionnaire de Suez aurait sans doute eu plus à gagner (du moins à court terme) d’une bataille boursière menée par Enel et les raisons protectionnistes qui ont motivé l’annonce sont critiquables. Mais le projet présente un intérêt stratégique indéniable car les groupes sont complémentaires : GDF est spécialisé dans le gaz et Suez est surtout actif dans l’électricité. Or, le gaz est utilisé pour produire l’électricité et les clients sont intéressés par une offre combinée électricité + gaz. Le nouvel ensemble deviendrait en outre numéro deux mondial du secteur et dégagerait de belles économies d’échelle, dans un secteur où les investissements sont lourds. Les synergies attendues sont de ±500 millions d’euros par an avant impôts dès la troisième année (soit 0,15 EUR net par action selon nos calculs).
Si elle se confirme, la fusion ne sera pas finalisée avant fin 2006.
Nous tablons pour Suez sur un bénéfice par action de 1,70 EUR en 2006.  Pour le nouvel ensemble, nous misons sur 1,85 EUR en 2007.

Cours au moment de l'analyse : 31,93 EUR

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