Analyse
E.ON il y a 11 ans - lundi 13 mars 2006

Le groupe de services aux collectivités allemand fait son entrée dans notre sélection.

Objectifs ambitieux et convaincants

Le groupe de services aux collectivités allemand fait son entrée dans notre sélection. Sa position et ses perspectives sont favorables mais le cours en tient compte. Action correctement évaluée.
Conservez.

Cours au moment de l'analyse : 91,90 EUR

Beau palmarès, objectif ambitieux
Actif à la fois dans l’électricité et le gaz, E.ON occupe en Allemagne une position de leader, devant RWE. Il est le deuxième producteur d’électricité au Royaume-Uni et est aussi bien implanté aux Pays-Bas, en Scandinavie, en Suisse et en Autriche. En termes de capitalisation boursière, il est actuellement le n°2 mondial du secteur des services aux collectivités, derrière le français EDF. Son objectif est de devenir n°1 mondial. Un objectif qui serait atteint en cas de réussite de l’OPA sur Endesa, qui lui conférerait une autre dimension encore puisqu'elle lui permettrait de s’implanter en Espagne et en Amérique du Sud, des marchés en forte croissance.

Recentrage rapide et efficace
E.ON est issu de la fusion (en 2000) des conglomérats allemands Veba et Viag. En 5 ans, il s’est transformé en un spécialiste de l’électricité et du gaz. Ce n’était pas gagné d’avance. Pour y parvenir, il a consenti de nombreuses cessions (dans l’eau, la logistique, l’immobilier, les télécommunications, le pétrole,…). La dernière en date, une participation de 43 % dans le chimiste Degussa, lui permettra de distribuer ces prochains mois un dividende exceptionnel de 4,25 EUR brut.
Les liquidités récoltées par toutes ces cessions ont été jusqu’à présent investies en partie au sein du groupe, mais également pour une part substantielle dans des acquisitions. Les deux plus significatives furent le producteur d’électricité britannique Powergen (en 2001) et le géant gazier allemand Ruhrgas (en 2002). Cette acquisition a fait d’E.ON un précurseur dans l’association de l’électricité et du gaz. En outre, l'arrêt des discussions avec Scottish Power en novembre dernier, faute d'accord sur le prix, il est vrai relativement peu généreux, a souligné la discipline du groupe en matière d'acquisition, malgré sa confortable situation financière. Et si aujourd’hui, il offre pour Endesa 30 % de plus que Gas Natural, même à ce niveau, ce prix nous semble raisonnable.

Positions enviables
L’association, depuis plusieurs années déjà, de l’électricité et du gaz place E.ON dans une situation avantageuse par rapport à ses concurrents, notamment par la réduction des coûts de production qu’elle permet. De plus, les liens stratégiques étroits qu’il entretient avec le géant russe Gazprom, dont il détient 6,4 %, lui permettent de maîtriser une partie de ses approvisionnements en gaz.
Autre atout pour E.ON, environ deux tiers de sa production d’électricité sont d’origine nucléaire et hydraulique. Il s’agit d’une production à moindre coût. Elle lui permet de bénéficier plus que d’autres de la hausse des prix de vente de l’électricité, car en Allemagne, les prix de vente de l’énergie sont déterminés sur base du prix des énergies fossiles et ces derniers ont flambé ces dernières années. Enfin, elle le place aussi dans une situation avantageuse par rapport à ses concurrents pour ce qui concerne les conséquences des quotas d’émissions de CO2.
Certes, la présence, depuis 2005, d’un régulateur national de l’énergie en Allemagne pourrait éroder la rentabilité de la partie réglementée de son activité (transmission et distribution de gaz et d’électricité) : les tarifs d’accès au réseau devraient baisser et les contrats de long terme dans le gaz seront réexaminés. Mais ces évolutions ne remettent pas du tout en cause les bonnes perspectives globales.

Des atouts bien connus
E.ON détient les atouts pour devenir leader mondial du secteur des services aux collectivités et de le rester. Nous tablons pour 2006 sur un bénéfice par action de 7,60 EUR (en 2005, il fut de 11,30 EUR, mais grâce à d’importantes plus-values) et nous fixons le niveau de risque de l’action à 2. Le cours tient cependant compte des bonnes perspectives et le titre est correctement évalué. Nous ne sommes dès lors pas acheteurs pour l’instant mais vous conseillons certainement de conserver le titre si vous le possédez déjà.

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