Analyse
Tableau de bord des marchés financiers il y a 11 ans - lundi 3 avril 2006
Les Bourses ne faiblissent pas.

Malgré la perspective de nouvelles hausses des taux directeurs, tant aux USA qu’en Europe, les Bourses ont encore progressé en mars, poussées par de bons résultats de sociétés et la fièvre des fusions et acquisitions.

Repli sévère de plusieurs devises
Encore adulées par les investisseurs il y a peu, plusieurs devises ont subi de sévères corrections en mars. La palme revient au dollar néo-zélandais. Depuis 2001, des taux d’intérêt nettement plus rémunérateurs que ceux de la zone euro et une économie dynamique avaient rendu la devise et les placements néo-zélandais incontournables. Aujourd’hui, la récession est aux portes du pays et le taux directeur est appelé à baisser. Sur le seul mois de mars, le dollar néo-zélandais a perdu 9 % face à l’euro. Depuis le sommet de décembre dernier, les pertes cumulées dépassent 20 %.
Le dollar australien a aussi marqué le pas le mois passé
(-5,4 %). Dans la mesure où les autorités monétaires ont fermé la porte à toute nouvelle hausse des taux d’intérêt au moment même où leurs homologues européens durcissent le ton, la dépréciation de cette devise n’est pas une surprise. Par contre, l’ampleur du mouvement étonne. L’Australie présente en effet toujours des fondamentaux économiques solides. Globalement, sans parler de mouvement généralisé, une certaine contagion semble s’être opérée au niveau mondial. Que ce soit le forint hongrois, la livre turque, le real brésilien ou la couronne islandaise, plusieurs devises ont bu la tasse en mars. Il s’agit à chaque fois de monnaies « exotiques » qui s’étaient très bien comportées ces dernières années. Aujourd’hui, le sentiment à leur égard se retourne, d’autant plus que les taux d’intérêt sont orientés à la hausse dans la zone euro. La Banque centrale européenne a en effet de nouveau relevé son taux directeur en mars, et d’autres hausses sont programmées dans les prochains mois. En conséquence, les taux européens ont fortement progressé et l’euro s’est montré ferme le mois passé.

Tableau des devises

Code
ISO

Cours
en euro
31/03/06

Evolution en % sur

Fluctuations

Perspectives

1 mois

1 an

5 ans

1 an

Long terme

DKK

0.1340

-0.01

-0.18

0.09

faibles

=

=

GBP

1.4333

-2.42

-1.43

-10.88

modérées

=

=

SEK

0.1060

0.09

-2.95

-3.28

modérées

+

++

CHF

0.6323

-1.12

-2.05

-3.52

faibles

=

++

NOK

0.1259

1.31

3.32

1.39

modérées

-

-

USD

0.8263

-1.48

7.39

-26.95

fortes

-

=

CAD

0.7083

-3.90

11.37

-1.40

fortes

-

=

AUD

0.5892

-5.44

-1.01

5.67

fortes

-

=

NZD

0.5050

-9.04

-7.94

10.37

fortes

-

--

JPY

0.7003

-3.29

-2.65

-22.42

fortes

+

++

Les Bourses gardent la forme
Cette hausse des taux, ainsi que le rebond des prix du baril (+7,5 %), sur fond de tensions géopolitiques, n’ont pas intimidé les Bourses. Soutenues par la publication des derniers résultats 2005, globalement satisfaisants, et surtout, une énorme vague de fusions et acquisitions, elles ont poursuivi leur hausse ininterrompue depuis le début de l’année. Tous les secteurs sont touchés, que ce soit dans la chimie (offre de Linde sur BOC), la finance (offre du Nasdaq sur le London Stock Exchange), les télécoms (rumeurs autour de BT Group), la pharmacie (surenchère de Bayer sur l’offre de Merck sur Schering), les loisirs (rumeurs d’offre de Mariott sur Accor) ou les technologiques (fusion entre Alcatel et Lucent).
Après plusieurs années d’assainissement, les entreprises ont retrouvé leur solidité et tentent d’encore profiter des taux bas pour procéder à des rachats à un rythme effréné. Mais nombre d’actions sont devenues chères ces derniers mois.

Tableau Inflation et taux d'intérêt (31/03/2006)

Devise

Inflation
mois (1)

Taux
3 mois

Trend

Taux
3-5 ans

Trend

Taux
7-10 ans

Trend

EUR

2.2

Mar

2.82

+

3.52

+

3.79

+

DEM

1.9

Mar

 

 

3.50

+

3.74

+

FRF

1.9

Feb

 

 

3.49

+

3.73

+

NLG

1.1

Feb

 

 

3.48

+

3.73

+

BEF

1.7

Mar

 

 

3.50

+

3.77

+

DKK

2.1

Feb

2.91

+

3.56

+

3.80

+

GBP

2.0

Feb

4.56

=

4.47

+

4.40

+

SEK

0.8

Feb

2.27

+

3.31

+

3.63

+

CHF

1.4

Feb

1.23

+

2.08

+

2.43

+

NOK

1.0

Feb

2.81

+

3.61

+

3.88

+

USD

3.6

Feb

4.98

+

4.83

+

4.88

+

CAD

1.7

Feb

3.91

+

4.13

+

4.26

+

AUD

2.8

Dec

5.76

=

5.36

+

5.41

+

NZD

3.2

Dec

7.48

-

5.85

=

5.70

=

JPY

0.4

Feb

0.09

+

1.07

+

1.67

+

(1) Dernier chiffre disponible 

Les Bourses mondiales en un clin d’oeil (31/03/06)

Bourse de (1)

Evolution (%) depuis
28/02/05

Evolution (%) depuis
31/03/05

Indice BH (2)

Price/
Earnings moyen dernier exercice (3)

Price/
Earnings moyen exercice en cours (3)

Euro

Local

Euro

Local

Euronext Bxl

1.5

 

27.8

 

0.0

12.7

13.6

Euronext A'dam

2.9

 

36.1

 

0.5

12.0

11.1

Francfort

3.3

 

37.6

 

1.0

14.8

14.3

Euronext Paris

5.0

 

36.3

 

0.6

15.3

13.9

Londres

0.9

3.4

26.3

28.2

-0.7

17.8

13.3

Zurich

1.1

2.2

34.2

37.0

0.0

17.7

16.5

Milan

1.9

 

23.5

 

-0.1

14.6

13.8

Madrid

1.9

 

31.7

 

0.0

16.5

14.9

Lisbonne

7.8

 

35.1

 

-0.2

12.9

16.7

Athènes

-1.9

 

49.5

 

0.6

-

-

Stockholm

6.9

6.8

38.3

42.5

0.6

-

-

New York

0.1

1.6

21.9

13.5

-0.1

16.3

14.9

Toronto

0.0

4.0

42.5

27.9

-0.1

16.7

15.0

Sydney

-1.2

4.5

27.0

28.3

-0.6

-

-

Tokyo

0.7

4.2

44.2

48.2

1.0

-

-

(1) Indices return Datastream, en devise locale;
(2) Cet indice indique la surévaluation (au-delà de 0,5) ou sous-évaluation (en dessous de - 0,5) des marchés boursiers compte tenu du niveau des marchés obligataires et de leur devise ainsi que du risque associé à chacune de ces Bourses; (3) Rapport Cours/bénéfice courant (hors éléments exceptionnels)
  


Il convient donc de rester très sélectif. A l’exception des petites Bourses toujours très volatiles des pays d’Europe de l’Est (-1,5 %), toutes les Bourses occidentales ont progressé, le plus souvent entre 1 et 5 %. Depuis début 2006, les Bourses européennes ont gagné 5 % (10,2 % pour le Bel 20). Soit quasi deux fois plus que les Bourses américaine et japonaise. Corollaire habituel des anticipations de hausse des taux d’intérêt, ce sont notamment les services aux collectivités et les valeurs financières qui ont affiché les plus mauvaises performances. Les premiers (+0,6 % en Europe, -5,2 % aux Etats-Unis) ont en plus pâti des imbroglios politico-réglementaires sur les projets de fusions (Suez-GdF-Enel, Gas Natural-E.ON-Endesa). Compte tenu du poids des valeurs financières dans le Bel 20 (+1,4 %), celui-ci s’inscrit en queue de peloton des progressions en mars. Les nouveaux reculs d’Agfa-Gevaert (-6 %) et d’Umicore (-4,2 %) ont aussi pesé. Le fait que KBC ait vendu sa participation de 27 % dans Agfa-Gevaert a pénalisé le cours, mais 2006 sera marqué à coup sûr par un retour aux bénéfices. Conservez. Nous sommes par contre toujours vendeurs d’Umicore. Le groupe engrangera cette année de très bons résultats dans ses activités zinc, mais le cours en tient déjà compte selon nous. Quasi tous les autres secteurs terminent le mois dans le vert. Les pharmaceutiques européennes (+4,3 %) et les télécoms (+4,3 % en Europe, +3,8 % aux Etats-Unis) ont particulièrement profité des opérations et rumeurs de fusions et acquisitions. Et dans les télécoms, le désinvestissement de Vodafone (+10,5 %) de ses activités japonaises a également été bien accueilli. Mais la palme, tout comme sur les douze derniers mois, revient à l’industrie de base (+7,5 % en Europe, +7 % aux Etats-Unis). Après leur correction de février, les prix des métaux de base (cuivre, zinc , argent,…) sont repartis à la hausse, alors que la croissance de la demande chinoise ne semble pas près de s’estomper. Les spéculations sur un relèvement de l’offre de Mittal Steel sur Arcelor (+6,1 %) ou sur un rapprochement possible du sidérurgiste britannique Corus (+22,2 %) avec le n°1 russe de l’acier Evraz ont donné un coup de pouce supplémentaire au secteur. Après sa récente hausse, nous n’achetons plus Corus. Conservez Arcelor.

SECTEUR DE L’INDUSTRIE DE BASE/BOURSE MONDIALE

Grâce aux nouveaux records des métaux de base et à quelques mouvements/rumeurs de rapprochement, l’industrie de base (en gras, base 100) a progressé de 71 % en Europe et de 42 % aux USA ces douze derniers mois.

 

Partagez cet article