Analyse
L'année boursière dans le rétroviseur il y a 9 ans - vendredi 28 décembre 2007

Les Bourses en 2007.

Après quatre années de hausse, les Bourses ont marqué quelque peu le pas en 2007, même si certaines ont atteint des records historiques en cours d’année. L’indice européen DJ Stoxx 50 et l’indice américain S&P 500 ont gagné respectivement 0,1 et 4,1 % (- 5,8 % en euro), alors que le Nasdaq, la Bourse des valeurs technologiques, a fait mieux encore avec un gain de 10,8 % (+ 0,3 % en euro).
En Europe, les hausses les plus nettes ont été à mettre à l’actif de Lisbonne (+ 17 %) et Francfort (+ 21,9 %).

Une année en deux temps
Durant le 1er semestre, les Bourses européennes ont continué à progresser grâce aux bons résultats des sociétés et à des données économiques rassurantes : croissance stimulée par les exportations et la consommation, baisse du chômage et hausse de la confiance des chefs d’entreprises et des consommateurs.
La douche froide est ensuite venue des Etats-Unis au 2semestre avec la crise du subprime qui a d’abord durement touché le secteur immobilier et, par ricochet, le secteur financier, pour ensuite déteindre sur l’ensemble de l’économie américaine.
Nul doute que si cette tendance se confirme, l’Europe en subira aussi les conséquences, d’autant que la hausse de l’euro freine les exportations et que les prix des matières premières, comme le pétrole, nourrissent l’inflation.
Pas de quoi rassurer les secteurs dépendants de la vigueur de l’économie, comme l’automobile (-5,5 %), le très cher secteur des médias (- 14,8 %) ou les matériaux de construction (- 6,1 %).

Les gagnants…
· Les valeurs pétrolières (+ 17 %) ont tout naturellement profité de la flambée du pétrole, le prix du baril de brut ayant flirté avec la barre des 100 dollars, même si la diminution temporaire de la production, la hausse des coûts d’exploitation et certaines revendications nationalistes en ont quelque peu tempéré l’impact.
· Avec un gain de 19 %, les télécoms sortent la tête haute de cette année 2007, les opérateurs ayant rassuré sur leur capacité à augmenter leur chiffre d’affaires.
Le secteur a aussi profité d’un cadre réglementaire finalement moins strict que prévu, en matière de roaming notamment.
Une faible valorisation initiale et des investissements agressifs dans les pays émergents ont donné des ailes à certaines actions, à l’image de Vodafone (+ 23,16 %).
· Les marchés émergents, Chine en tête, et les restructurations récentes ont de nouveau porté la chimie avec un gain de 29,8 %. Bayer (+ 50,4 %) a relevé ses prévisions de rentabilité pour les trois prochaines années et entend investir davantage. Le secteur a aussi été le cadre d’acquisitions et de rumeurs de rachats qui ont attisé les spéculations.
· Enfin, le secteur des matières premières (+ 33,4 %) a encore profité largement d’une demande chinoise qui ne se dément pas. Même si, au final, le cours moyen de certains produits n’est pas plus élevé qu’en 2006, la rentabilité a nettement progressé grâce au niveau des ventes et a généré d’importantes liquidités utilisées pour diverses acquisitions comme celle d’Alcan par Rio Tinto (+ 82,1 %), lui-même convoité par BHP Billiton (+ 65,8 %).

… et les perdants
· La crise financière a lourdement plombé l’ambiance dans le secteur bancaire (- 9,6 %). Même si la plupart des banques ne sont que très peu voire pas du tout exposées directement à ces prêts à risque, certaines ont aussi investi indirectement des sommes colossales dans des produits liés à ces mêmes prêts. C’est le cas d’UBS (- 31,4 %), de Deutsche Bank (- 12,7 %) ou encore de Crédit Suisse (- 22 %). Certaines banques, comme KBC (+ 3,6 %) et BNP Paribas (- 9,7 %) ont par contre été moins touchées.
Pour ne rien arranger à ce tableau, la plupart des banques ont entretenu le flou quant à leur exposition aux produits risqués, alimentant les craintes d’une nouvelle vague de résultats décevants, comme Dexia (-17,69 %), pourtant réputée plus défensive.
Le secteur des assurances (- 7,6 %) n’a pas pu échapper à la tendance même si, étant donné sa faible exposition, l’impact de la crise sur les résultats devrait rester relativement limité.
· Le secteur pharmaceutique, enfin, a perdu 9 %, signe que les problèmes sont loin d’être résolus. Pire, le cadre réglementaire américain s’est encore durci, entraînant le rejet de médicaments prometteurs pour UCB (- 40,4 %), Solvay (- 17,8 %), Novartis (- 14,2 %) et Sanofi-Aventis (- 8,6 %), alors que l’antidiabétique Avandia de GlaxoSmithKline (- 11,5 %) est sous surveillance. Merck (+ 21,6 %), par contre, a à nouveau progressé, les indemnités à verser dans le cadre du dossier Vioxx s’avérant finalement moins importantes que prévu. Eli Lilly (- 6,4 %) a, de son côté, relevé ses prévisions pour 2008.

N.B. : toutes les variations de cours sont exprimées en EUR, du 31/12/06 au 27/12/07.

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