Analyse
Heineken il y a 9 ans - mardi 29 janvier 2008

Heineken s’allie avec Carlsberg pour faire main basse sur le britannique Scottish & Newcastle. Qu’y a-t-il à gagner ?

Peu enthousiasmant !

Heineken mise sur la croissance externe pour raffermir sa position. Compte tenu du prix à payer et de l’endettement qui l’accompagne, l’opération est contestable, selon nous. L’action reste trop chère.
VENDEZ.  

En partenariat avec Carlsberg, Heineken est sur le point de racheter le brasseur britannique Scottish & Newcastle. Heineken paie un prix assez élevé selon nous pour des activités situées principalement sur des marchés matures (Grande-Bretagne, Irlande, Belgique, Portugal, Finlande, Etats-Unis et Inde). Certes, Heineken gagne des plate-formes de distribution pour sa rentable marque phare premium et on connaît le sérieux du management dans la gestion des coûts. Mais les synergies annuelles, évaluées à quelque 160 millions d’euros (soit 0,33 EUR avant impôts) après 3 ans, ne provoquent pas d’enthousiasme : l’intégration portera difficilement des fruits au sein de zones très concurrentielles sur fond de déclin générale de consommation de bière. Par ailleurs, l’opération sera financée par recours massif à l’endettement. Sans mettre en danger la viabilité du groupe, cette dette accrue freinera néanmoins la redistribution des liquidités aux actionnaires (dividendes et rachats d’actions). Globalement, cette opération ressemble à une manoeuvre défensive : Heineken ne veut pas être marginalisé dans un secteur qui poursuit sa consolidation (SABMiller a récemment avalé le néerlandais Grolsch) et où il veut conserver son indépendance. Les actionnaires n’en sortent pas gagnants, selon nous. Heineken aurait pu continuer une croissance essentiellement organique dans des conditions sans doute plus favorables avec, ça et là, des acquisitions plus mineures dans les pays émergents. Nous gardons inchangées nos prévisions de bénéfice par action 2008 à 2,45 EUR et relevons légèrement notre estimation 2009 à 2,85 EUR (contre 2,7 EUR auparavant).

Cours au moment de l'analyse : 40,27 EUR

Le brasseur néerlandais Heineken est le numéro quatre mondial de son secteur et le premier importateur de bière aux Etats-Unis. Il s’est renforcé ces dernières années en Europe de l’Est et surtout en Russie

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