Analyse
Analyse: des actions d'avenir ? il y a 9 ans - lundi 11 février 2008
Quelles actions semblent promises à un grand avenir ?

Quelles actions semblent promises à un grand avenir ? Comment dénicher des valeurs au potentiel rutilant ? Les secteurs qui sont une aubaine ?
Face au prix élevé du baril de pétrole, faut-il croire aujourd’hui à ces entreprises capables de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, comme ErSol Solar Energy (produits pour transformer l’énergie solaire en électricité) ou Vestas Wind Systems (éoliennes) ?
Faut-il miser sur des valeurs séduisantes de la biotechnologie ou l'électronique ?
A voir, car si la conjoncture leur semble favorable, l’évolution de leur cours est souvent chaotique, parfois même catastrophique.

Plans sur la comète…
Choisir des actions, c’est imaginer l’avenir. Et pour ce faire, nous misons souvent sur la pérennité des tendances du moment (vieillissement de la population, coût élevé du pétrole, essor des médias électroniques…). Pas toujours raisonnable dans un monde follement médiatique. Pour preuve, en 1999, lorsque l’américain Celera et un consortium international annoncèrent la découverte du décryptage du génome humain, le cours de Celera passa d’environ 8 USD en 1999 à 240 USD en l’an 2000; mais en 2002, il était tout bonnement retombé à 9 USD ! La découverte avait beau être de taille, les investisseurs se sont calmés quand ils ont compris que le chemin vers les profits était encore long. Il en va de même des nouvelles technologies : beaucoup de temps peut s’écouler avant que le produit prometteur ne se retrouve dans les rayons des magasins. De plus, rien n’assure que les pionniers d’une technologie sont ceux qui s’imposeront à l’heure de la commercialisation. Ils peuvent être doublés par de nouveaux concurrents. Beaucoup se rappellent encore l’éclatement de la bulle internet de l’an 2000, suite à laquelle d’éphémères vedettes ont subitement disparu des écrans des investisseurs : Marconi (équipements télécoms), Netscape (navigateur internet) ou encore WorldCom (télécom).

Vendre, mais aussi gagner…
· Un secteur a beau bénéficier d’indéniables bonnes perspectives, tous ses acteurs ne dégageront pas nécessairement de plantureux bénéfices. Le volume des affaires est une chose, la rentabilité une autre. Et la Bourse réagit essentiellement sur la base des profits.
Si le secteur des semi-conducteurs est ainsi appelé à croître encore (ces composants se retrouvent en nombre toujours croissant dans les TV, ordinateurs, autos, iPhone….), l’activité étant cyclique, des surcapacités se dégagent de manière récurrente ci et là. Elles font pression sur les prix de vente et donc sur les bénéfices de certains acteurs, ce qui pénalise leur cours de Bourse (comme pour l'allemand Infineon ou le français STMicroelectronics).
Autre déboire, dans l’énergie solaire, pourtant indiscutablement digne d’intérêt de nos jours : ErSol souffrant d’un manque de silicium (principale matière première), il est incapable de répondre correctement à la demande et voit temporairement souffrir ses résultats.
· Enfin, toute croissance des profits n'est jamais garantie dans la durée. Souvenons-nous de l'explosion des ventes de matériel informatique à la veille de l'an 2000. Les investisseurs qui ont acheté des titres du secteur, en misant sur des profits durables, en ont été pour leurs frais !

A la une ? A éviter ?
· Beaucoup d'investisseurs ont acheté un jour ou l'autre un titre bénéficiant d'une large couverture médiatique, pour tel ou tel espoir. Mais la raison du raffut a beau être fondée, acheter à la faveur d’un tapage, c’est souvent risquer d’arriver trop tard, de payer un cours surfait, qui risque bien de chuter quelque temps plus tard. Ainsi, en 2006, l’emballement médiatique autour d’Option s’est soldé par une chute vertigineuse.
· De même quand les soucis d’une entreprise font la une, des investisseurs vendent en masse, de manière pas toujours justifiée. Le cours chute brutalement et celui qui réagit lorsque le mouvement est bien amorcé vend alors au plus mauvais moment.

Raison garder
· Les investisseurs font l’erreur de donner un poids excessif aux évènement récents et à ne pas suffisamment les relativiser par d'autres éléments : résultats des dernières années, qualité de la direction, évaluation de l'action. Ils concentrent leur attention sur les secteurs qui font la une (comme actuellement le pétrole, l’électricité, les matières premières) mais omettent de s’équilibrer vers d’autres secteurs.
· Ainsi, bien qu’estimant que le prix du pétrole restera durablement à des niveaux élevés, nous n’investissons pas massivement dans le secteur. Car nous jugeons que la plupart des cours incorporent en partie cet élément et que le secteur n’est donc pas globalement bon marché.

Le fondamental !
La recherche du secteur d'avenir ou du prochain outsider est un travail dangereux, un parcours semé d'embûches. De notre côté, nous préférons concentrer notre attention sur l’analyse des caractères propres des entreprises : rentabilité, qualité de la direction, rémunération de l'actionnaire...  Eux seuls permettent de déterminer si les actions sont bon marché. C’est dès lors sur cette base que nous formulons nos conseils. Non sur les gros titres de la une des médias.

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