Analyse
Prudence sur les Bourses en 2009 il y a 8 ans - lundi 29 décembre 2008

En ces circonstances délicates, il en reste des actions intéressantes. Mais lesquelles ? Et sur la base de quels critères les choisir ?

L’énorme incertitude quant à l’évolution de l’économie mondiale et des bénéfices des sociétés ainsi que la très grande volatilité des Bourses font que nous évitons les actions depuis un petit temps déjà. Il n’en reste toutefois pas moins, en ces circonstances délicates, des actions intéressantes. Mais lesquelles ? Et sur la base de quels critères les choisir ?

Quels secteurs ?
Il n’existe pas, en temps de crise, de secteur défensif. L’investisseur peut tout au plus miser sur des sociétés dont les résultats sont un peu moins tributaires de l’activité économique et dont l’évolution est relativement stable. Les actions pour lesquelles nous émettons encore un conseil d’achat appartiennent, à quelques exceptions près (BASF, EVS, GIMV, …), aux secteurs de l’alimentation, de la pharmacie et des services aux collectivités.

Structure financière
En raison de la crise financière, les entreprises obtiennent moins facilement des crédits. Celles qui sont trop endettées et devront se refinancer en 2009 pourraient de ce fait avoir des problèmes. En cas de crise sérieuse – et c’est bel et bien le cas aujourd’hui – le fait pour une entreprise de devoir financer une dette importante peut lui valoir de grandes difficultés pendant plusieurs mois pour assurer son fonctionnement au jour le jour et conduire, dans le pire des cas, à la faillite. Le taux d’endettement constitue donc un élément important. La dette nette de Royal Dutch ne s’élevant qu’à 15 % des fonds propres, nous considérons cette société comme financièrement très solide.

Liquidités et investissements
Pour payer ses travailleurs et ses fournisseurs et rembourser ses dettes, une entreprise doit générer des liquidités. Les sociétés qui génèrent d’importantes liquidités seront en mesure de développer leurs activités plus rapidement que leurs concurrents lorsque l’activité économique reprendra. Les plus audacieux peuvent même miser sur des opportunités de croissance sur de nouveaux marchés à travers l’acquisition de concurrents. Dans le secteur pharmaceutique, GlaxoSmithKline est par exemple très intéressé par de petites acquisitions, notamment dans le secteur des génériques.

Liquidités et dividendes
Les entreprises qui génèrent plus de liquidités qu’elles n’en ont besoin pour faire tourner leurs activités, financer leurs investissements et rembourser leurs dettes peuvent verser cet argent excédentaire à leurs actionnaires sous la forme de dividendes. Un élément qui nourrit la confiance à un moment où beaucoup d’autres, notamment dans le secteur financier, doivent réduire voire totalement supprimer les dividendes. Nous avons identifié plusieurs sociétés qui, dans le climat actuel, ont les moyens de maintenir voire augmenter leur dividende. C’est ainsi le cas de Royal Dutch et Eni dans le secteur pétrolier et de National Grid et Enel dans le secteur de la production et de la distribution d’électricité. Même chose pour le holding GIMV et le promoteur immobilier Atenor qui ont plus de moyens qu’il n’en faut pour maintenir leur politique de dividendes. L’acteur de niche EVS (haute technologie) affiche lui un rendement de dividende net attendu de pas moins de 7,15 % après la baisse de son cours.

A quel prix ?
Nous ne pouvons pas perdre de vue ici que la valorisation des actions constitue la base de tous nos conseils. Les actions que nous conseillons sont, sur la base de nos prévisions bénéficiaires (prudentes), toutes bon marché. Le géant chimique BASF nous apparaît ainsi intéressant malgré le fait que ses résultats devraient reculer davantage que ceux des entreprises précitées. La baisse attendue du bénéfice est toutefois largement intégrée dans le cours alors que BASF dispose de finances saines devant lui permettre de maintenir sa politique de dividende.

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