Analyse
Dividendes record dans le secteur des télécoms il y a 7 ans - lundi 8 mars 2010
Avec des rendements sur dividende atteignant parfois les 8 %, les opérateurs télécoms se sont montrés généreux avec leurs actionnaires. Pourquoi et comment en profiter ?

Un atout pour le secteur
· A l’occasion de la publication de leurs résultats annuels, plusieurs géants du secteur télécoms se sont montrés rassurants sur les niveaux de dividende à venir, un des principaux attraits du secteur :
Telefónica (acheter) a maintenu ses prévisions de dividende à minimum 1,75 EUR en 2012 contre 1,40 EUR en 2010 et 1,15 EUR en 2009.
Belgacom (conserver) a annoncé un dividende brut de 2,18 EUR en 2010 contre 2,08 EUR en 2009 et entend distribuer la majorité de ses liquidités excédentaires par la suite.
France Télécom (conserver) versera un dividende de 1,40 EUR en 2010 (statu quo par rapport à 2009) et continuera à offrir un bon rendement à ses actionnaires par la suite.
Deutsche Telekom (conserver) maintiendra son dividende à un niveau supérieur à 0,70 EUR d’ici 2012 (contre 0,76 EUR en 2009).
· La part des bénéfices redistribuée aux actionnaires en 2010 ira, selon nous, de 65 % pour Belgacom à plus de 100 % pour Deutsche Telekom. Aux cours actuels, les rendements bruts attendus pour 2010 sont d’environ 8 % pour Telefónica, France Télécom et Belgacom et 7,3 % pour Deutsche Telekom, soit des niveaux bien plus élevés que dans les autres secteurs. Une bonne nouvelle pour l’actionnaire et un signal positif envoyé aux marchés financiers, sceptiques quant au maintien de taux de rendements aussi élevés. Agréablement surpris, nous avons revu globalement à la hausse nos prévisions prudentes en matière de dividende.

Des dividendes tenables
Il n’y a du reste selon nous pas de crainte à avoir sur la pérennité des dividendes à moyen terme. D’une part, les liquidités générées par les opérateurs télécoms sont importantes et récurrentes. D’autre part, si une hausse des investissements est attendue dans le secteur dans les années à venir, avec notamment la nécessité de moderniser les réseaux fixes et mobiles suite au développement de l’internet mobile et à l’explosion du trafic de données, elle ne devrait pas être de nature à changer la donne selon nous. De plus, les opérateurs ont mené ces dernières années de profondes restructurations qui leur ont permis d’assainir leur situation financière.

Revers de la médaille
Cette politique généreuse vis-à-vis de l’actionnaire reflète aussi des perspectives de croissance ternes pour le secteur. Le secteur est à maturité en Europe, la pression réglementaire s’amplifie et la concurrence s’accroît, notamment dans l’Internet mobile dont le développement rapide attire de nouveaux concurrents issus du secteur informatique comme Apple, Google, Microsoft, etc. Les opérateurs télécoms ont privilégié ces dernières années la réduction des coûts, les restructurations et le désendettement mais ont délaissé les investissements de croissance, l’expansion géographique vers les pays émergents, notamment, étant restée plutôt timide. En l’absence d’investissements rémunérateurs à long terme pour l’actionnaire, ils ont donc préféré redistribuer une bonne part de leurs liquidités excédentaires.

Nos conseils
Le secteur nous semble bon marché et nous conseillons AT&T, Telefónica et Vodafone à l’achat. Reportez-vous à nos tableaux (pp. 8-11) pour nos conseils sur les autres valeurs. Au rayon des sicav, nous conseillons Fortis B Fund Equity Telecom Europe (code ISIN : BE0166112483).

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