Analyse
General Motors, le retour il y a 7 ans - lundi 23 août 2010

Cet automne, General Motors prévoit de faire son retour parmi les cotations de New York. Mais est-il vraiment prêt à entamer une nouvelle carrière boursière ?

 

D'ici quelques semaines, General Motors prévoit de faire son retour parmi les cotations de New York. Cet évènement, qui s’annonce comme l’une des plus grosses introductions en Bourse jamais réalisées aux Etats-Unis, interviendrait à peine un an et demi après la faillite et le sauvetage de GM par le gouvernement américain.


Mais l’ex-n°1 du secteur automobile est-il vraiment prêt à entamer une nouvelle carrière boursière après des décennies d’erreurs stratégiques ? Le dossier soumis à l’investisseur est-il solide ? Certes, le groupe n’est plus menacé par le fardeau de sa dette. Et il faut reconnaître les gros efforts réalisés pendant sa convalescence. GM s’est délesté de plusieurs actifs pour se concentrer sur ses marques phares (4 au lieu de 7), désormais diffusées à travers un réseau de distribution fort resserré. Il a aussi supprimé 30 % de ses effectifs et fermé de nombreuses usines. Le constructeur a d’ailleurs confirmé sa meilleure santé en renouant avec la rentabilité au 1er semestre 2010. Mais cela suffit-il pour lui accorder votre bénédiction ? Selon nous, il faut rester lucide. Tout d’abord, le bon bulletin semestriel est avant tout lié au dispositif temporaire de la prime à la casse. Extrapoler des résultats biaisés par ce dispositif n’a donc aucun sens, d’autant que les perspectives de ventes pour le second semestre et pour 2011 s’annoncent médiocres en raison du ralentissement du marché chinois (le premier débouché de GM). Cette incertitude sur les futurs résultats pourrait expliquer pourquoi l’actionnaire principal, l’Etat fédéral US, se hâte de faire avancer le processus d’introduction. Le regain de forme affiché actuellement par GM constitue en effet une fenêtre d’opportunité pour réduire sa participation dans des conditions qui restent favorables. Mais surtout, cela permettra à l’administration Obama de souligner l’efficacité et le succès de son intervention avant les élections de novembre prochain. Il est donc légitime d’avoir des doutes sur la cohérence du projet.


La transformation tant attendue et tant promise par GM est selon nous loin d’être achevée. Tout dépendra bien sûr du prix (non encore fixé), mais si celui-ci s’aligne sur les valorisations de ses concurrents (et il y a fort à parier que ce soit le cas), le jeu n’en vaudra pas la chandelle !

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