Analyse
Heineken, une marque en danger il y a 7 ans - jeudi 26 août 2010

Derrière l’aspect rassurant de la hausse du bénéfice par action de 15 % au premier semestre se cache un affaiblissement de la marque phare du groupe.

L’action est chère.

VENDEZ.

 

Grâce à la baisse des coûts opérationnels (liée aux acquisitions récentes) et des charges financières (baisse de l’endettement), le bénéfice par action (hors gains exceptionnels) a grimpé de 15 % au premier semestre. L’évolution du chiffre d’affaires n’est toutefois pas satisfaisante. Le volume des ventes a baissé de 3,9 % tandis que les prix progressaient de 1,9 % seulement.
Plus grave, la marque Heineken montre des signes d’essoufflement. Pour sa rentabilité, le groupe mise beaucoup sur cette marque premium internationale, même si elle ne contribue qu’à concurrence de 20 % des volumes vendus. Or, après une hausse annuelle moyenne de quelques 7 % des volumes de cette marque au cours des 20 dernières années, la performance faiblit avec, au premier semestre, une hausse limitée à 4,1 %. La délicate situation économique et sociale dans les pays développés pourrait amener le néerlandais à revoir à la baisse ses objectifs toujours ambitieux de croissance à moyen/long terme sur le segment premium. Et, malgré une bonne performance en Asie et en Afrique, nous craignons que le renforcement récent de Heineken dans les pays émergents (actuellement 40 % du chiffre d’affaires) ne parvienne pas à assurer une croissance bénéficiaire globale suffisante. Sur ces marchés aussi, la concurrence s’est renforcée ces dernières années, d’autres géants du secteur (AB Inbev, SAB Miller) y prenant des positions-clé.
Nous maintenons nos prévisions de bénéfice par action pour 2010 et 2011 inchangées, à respectivement 1,78 EUR et 2 EUR.

 

Cours au moment de l’analyse : 35,20 EUR

 

Le brasseur néerlandais Heineken s’est hissé à la deuxième place mondiale dans son secteur (en termes de revenus) en faisant l’acquisition du mexicain Femsa Cerveza et après s’être renforcé, les années auparavant, en Europe, y compris de l’Est, et en Russie.

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