Analyse
Hanzevast : promesses non tenues il y a 7 ans - vendredi 17 septembre 2010

Le certificat maritime Hanzevast n’a pas été à même de répondre à ce qu’on en attendait. Sur un peu plus de deux ans, il a perdu 60 % de sa valeur. Et les dividendes promis font défaut !

Retour dans le temps

Avant d’examiner la situation actuelle, actionnons un instant la machine à remonter le temps.
Début mai 2008, deux armateurs lançaient un certificat maritime via la création de la filiale Hanzevast Carlsbrooke Shipping. Le seul but de la filiale était d’acheter deux bateaux (Eileen-C et Lisa-C), de les financer et de les exploiter. Au travers des certificats, les investisseurs recevaient l’opportunité de participer aux revenus de l’exploitation des bateaux et, le cas échéant, au produit de la revente de ces bateaux.
Hanzevast évoquait alors un rendement de 9,62 % brut. Finalement, la société parvint à rassembler 5 millions d’euros (elle espérait atteindre 6,7 millions), à placer des certificats et à les introduire sur la Bourse de Bruxelles.

Chute des tarifs

Après un peu plus de deux ans, force est de constater qu’on est loin de ce qui avait été prévu et annoncé. C’est au contraire ce que nous écrivions en mars 2008 qui s’est avéré correct : Hanzevast avait basé ses attentes de rendement sur des suppositions beaucoup trop optimistes et avait lancé ses certificats à un moment auquel le cycle économique avait atteint son sommet. Les surcapacités du secteur maritime que nous craignions alors se sont avérées réelles beaucoup plus tôt que prévu, compte tenu de la crise. Et dès août 2008, les tarifs du transport maritime se sont effondrés. Sur l’ensemble de 2009, ces tarifs ont été de 55 % inférieurs à ce qui avait été évoqué dans le prospectus du certificat. De la sorte, l’EBITDA (bénéfice opérationnel avant intérêts, impôts, réductions de valeurs et amortissements) fut de 89 % moins élevé que prévu ! Au premier semestre 2010, malgré un léger redressement des tarifs de transport, l’EBITDA reste encore de 75 % moins élevé que les prévisions. Hanzevast étant de plus confronte à une lourde dette, il s’est retrouvé dans les problèmes financiers.

Peu d’espoir

Pour l’heure, le certificat, introduit en Bourse à 1 000 EUR, ne cote plus qu’à 435 EUR. Il est clair que la société ne pourra supporter ses pertes (0,5 million d’euros au premier semestre 2010) sans l’aide des deux armateurs fondateurs, et actionnaires du groupe. Reste à voir s’ils consentiront à injecter à nouveau de l’argent frais dans l’aventure. S’il ne le font pas, la seule solution sera de vendre les bateaux. Et dans ce cas de figure, une autre question se pose : lorsque les dettes auront été apurées, que restera-t-il du produit de la vente ? Les prix du marché des bateaux sont, il est vrai, un peu plus élevés que pendant la crise. Mais vu que Hanzevast doit vendre avec le couteau sous la gorge, il se peut bien que le produit de la vente ne soit guère réjouissant. Il est donc possible, qu’en fin de compte, il ne reste que très peu, voire rien du tout à redistribuer aux détenteurs des certificats.
Aussi, si, en dépit de nos avertissements, vous aviez fait en 2008 l’acquisition de ces certificats, nous vous conseillons de vous en défaire au plus vite pour limiter les dégâts. N’omettez pas cependant de placer un ordre avec une limite, car la liquidité de ces titres est assez limitée.

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