Analyse
Nos conseils audacieux il y a 6 ans - vendredi 17 septembre 2010

Depuis quelques mois, profitant de la baisse des marchés boursiers, nous vous donnons des conseils plus audacieux en actions et en sicav.

 

 

Nos conseils de base

La situation économique difficile que nous connaissons et la crise des marchés ne doivent pas décourager les investisseurs souhaitant améliorer leur rendement financier de se tourner vers les placements en actions. Vous pouvez le faire via les conseils que nous vous donnons chaque semaine sur notre site internet ou notre revue.
Pour réduire le risque de déconvenues, deux règles de base nous semblent incontournables :
- La diversification. Nos conseils s’entendent dans le cadre d’un portefeuille diversifié. Même si ces dernières années, les Bourses occidentales ont toutes évolué dans la même direction, la lente reprise économique différenciera progressivement la performance des Bourses. N’investissez que l’argent dont vous pouvez vous passer pendant une période plus ou moins longue et prévoyez une marge de sécurité.
- Tenez compte du risque de vos placements. Trop souvent, celui-ci n’est perçu qu’après avoir perdu une part substantielle de sa mise de départ. Même s’il ne constitue pas une garantie contre les pertes, notre coefficient de risque vous guide dans vos choix d’actions.
Notre stratégie est de vous conseiller des actions sous-évaluées (bon marché) de divers secteurs, pour un horizon de placement de 3 à 5 ans, et avec un degré de risque modéré (3 sur une échelle de 1 à 5).

Plus d’audace

Ces derniers mois, profitant de la baisse de la plupart des Bourses, nous vous avons proposé des conseils plus audacieux. Ils sont destinés avant tout aux investisseurs souhaitant prendre un peu plus de risques. Ils reposent sur une double constatation :
- la Bourse n’incorpore pas à tout moment toute l’information disponible. Il est donc possible au terme d’une analyse de profiter des exagérations des marchés, notamment pour ce qui est du risque d’une action.
- la dégradation de la situation économique ou la modification des perspectives d’une entreprise entraîne des ajustements des attentes par les investisseurs. Ces mouvements peuvent être brutaux et entraîner de très fortes variations de cours. L’investisseur prêt à prendre un risque peut en profiter pour se positionner.
A court terme, ces placements peuvent demeurer très volatiles. Mais à plus long terme, acquis à bon prix, ils peuvent rapporter gros.

Pour les amateurs d’actions

Nos conseils audacieux – il s’agit d’actions avec un degré de risque 4 – ne se limitent pas aux petites actions ou à celles moins médiatiques. Des grands noms particulièrement maltraités en Bourse peuvent aussi offrir une espérance de gains élevés.
- Dans le secteur financier, nous sommes revenus à l’achat sur trois valeurs de l’assurance dont le potentiel d’appréciation reste sous-évalué par les Bourses en dépit de leurs atouts : Aegon, Axa et Zurich Financial Services. Pour le moment, ces valeurs continuent de souffrir du recul des grandes Bourses occidentales et de l’incertitude entourant les futures normes comptables du secteur.
KBC Ancora mérite également un pari selon nous. Le seul actif de ce holding est une participation de 23 % dans KBC Groupe. Bien que le bancassureur sorte progressivement la tête hors de l’eau, le holding souffre toujours d’une décote historiquement haute de plus de 40 %. Si le redressement de KBC se poursuit et que le cours remonte, le cours de KBC Ancora devrait en principe, par un effet de levier, monter plus rapidement et la décote devrait revenir à un niveau plus raisonnable.
- L’heure est aux comptes pour le pétrolier britannique BP. Selon nous, le coût total de la catastrophe dans le Golfe du Mexique devrait approcher les 20 milliards USD, soit le montant provisionné par le pétrolier. Une incertitude demeure quant à l’amende qui sera infligée. Nous jugeons que la Bourse sanctionne toujours exagérément le cours, même après son rebond de 300,00 pence à 400,00 pence.
En juillet, nous avons conseillé la société brésilienne de traitement des eaux Sabesp. Toujours seul dans l’Etat de São Paulo, le poumon économique du pays, le groupe possède, malgré le contrôle public, de fortes perspectives de croissance grâce à un vaste programme de modernisation (approvisionnement en eau, traitement des eaux…).
- Trois actions américaines figurent parmi nos conseils audacieux : l’exploitant de porte-conteneurs Seaspan, dont le cours, même s’il a quasiment doublé ces douze derniers mois, continue d’être pénalisé par sa dépendance à l’économie mondiale qui ralentit actuellement. La compagnie aérienne Republic Airways qui a publié des résultats trimestriels très supérieurs aux attentes, nous permettant ainsi de relever nos prévisions pour 2010 et 2011. L’opérateur boursier Nasdaq OMX qui poursuit la diversification de ses sources de revenus pour réduire sa dépendance à la santé des marchés. Ces trois titres restent à l’achat.
- Enfin nous parions aussi sur Deceuninck et Agfa-Gevaert, des entreprises qui, avant de souffrir de la récession, avaient déjà fort souffert de la hausse des prix des matières premières. Au vu des résultats tangibles des restructurations menées dans ces sociétés qui ont, aujourd’hui, renoué avec les bénéfices, leur cours nous paraît encore sous-évalué.

Pour les amateurs de sicav

En achetant une sicav spécialisée, vous pouvez profiter du potentiel offert par les pays émergents. Une stratégie qui n’est pas sans risques, mais qui vaut (généralement) la peine selon nous.


La Turquie récompense l’investisseur
La Turquie est en pleine forme. Grâce à une bonne gestion des finances publiques, l’ex-enfant terrible des marchés de la dette voit aujourd’hui ses primes de risque chuter vers des niveaux semblables à ceux de l’Italie et moins élevés que ceux de l’Espagne ou du Portugal. La Turquie se finance donc de mois en moins cher, ce dont profitent la consommation, l’investissement et in fine, toute l’économie. Certes, les 11,5 % de croissance affichés au 1er trimestre ne sont pas tenables, mais l’économie devrait continuer d’évoluer à bon rythme, d’autant plus que le chômage se résorbe : de 14,5 % en janvier, le chômage est tombé à 11 %. Le marché boursier profite de cette bonne santé. Istanbul s’est offert le luxe d’atteindre un nouveau record absolu fin juillet. Quant à la livre turque, elle s’est appréciée de quelque 10 % face à l’euro en 2010. Nous restons à l’achat sur ce pays. Notre préférence va actuellement au tracker EasyETF DJ Turkey Titans 20 EUR (FR0010636555, ticker : EET, Euronext Paris).

Brésil entre croissance et adieu à Lula
Après avoir présidé huit ans durant à une période d’essor économique sans précédent dans l’histoire récente du Brésil, le président Lula da Silva sera remplacé à la tête de l’Etat par le gagnant de l’élection du 3 octobre prochain. Le principal défi du prochain président sera d’offrir au pays une infrastructure physique et un cadre légal et réglementaire qui puisse accroître encore le potentiel de croissance de ce géant d’Amérique du Sud. Quant à la bonne gestion des finances publiques qui a caractérisé le Brésil de Lula, elle devrait se prolonger sous son successeur. En dépit d’une forte croissance économique au premier semestre (+8,9 %), la Bourse de São Paulo a reculé depuis le début d’année, sur fond d’incertitude concernant le nom du prochain président et après une année 2009 exceptionnelle. Encore sous-évaluée, la Bourse demeure attractive selon nous. Profitez de la correction pour acheter, malgré la possibilité de turbulences dans les mois à venir, toujours possibles en période électorale. Le tracker Lyxor ETF Brazil (Ibovespa) (FR0010408799, RIO, Euronext Brussel) nous paraît être un bon choix.

Inde, croissance et inflation la main dans la main
Après une croissance de 8,6 % au premier trimestre, l’Inde a fait encore mieux au deuxième (+8,8 %). Conséquence, l’inflation reste élevée, à 11,3 % en juin. L’amélioration de l’infrastructure et la libéralisation de différents secteurs de l’économie pour y introduire plus de concurrence pourrait résorber ce problème à long terme. Mais pour l’instant, c’est la banque centrale qui est forcée d’augmenter ses taux pour combattre la hausse des prix. De quoi ralentir la consommation et l’investissement, alors que les exportations subissent le ralentissement de l’économie mondiale. Le second semestre 2010 pourrait être moins réussi que le premier. Malgré ces problèmes, la Bourse de Bombay a progressé de 18,8 % (en euro) depuis janvier. Face à l’immense potentiel de l’Inde, nous continuons d’acheter ce marché pour le long terme. Franklin India A EUR (Deutsche Bank, LU0231205187) remporte actuellement nos faveurs.

La Chine lève le pied
La priorité n’est plus la croissance à tout prix. Après avoir atteint 11,9 % au 1er trimestre de l’année, la croissance de la Chine a glissé vers 10,3 % « seulement » au deuxième. En cause, la volonté de Pékin de remplacer la croissance financée par le crédit à tout va par une croissance plus équilibrée, faite également de demande intérieure. Les hausses de salaires il y a quelques mois sont une bonne nouvelle car elles devraient favoriser l’émergence d’une classe moyenne plus nombreuse, prête à consommer. Sur le court terme, cette décélération est mal reçue par les marchés, mais à long terme, ce rééquilibrage de l’économie est une bonne nouvelle. La Bourse de Shanghai a gagné 8 % en euro depuis janvier. Profitez du potentiel économique élevé de la Chine via une sicav comme Fidelity China Focus A EUR (Deutsche Bank, LU0318931192).

La Russie face à un été chaud
La Russie a vécu un été difficile. La vague de chaleur et les incendies qui s’en sont suivis ont compromis la production agricole, au point que l’impact négatif sur l’économie pourrait atteindre 1 % du PIB. Après un premier trimestre morose avec une croissance de 3,1 %, l’économie a accéléré pour atteindre 5,2 % de croissance au 2ème trimestre. Et le pays devrait continuer d’afficher des taux de croissance de ce niveau, d’autant plus que, sans atteindre les sommets de 2008, les prix du pétrole et du gaz affichent des niveaux déjà intéressants pour ce gros exportateur d’énergie. Ramenée en euro, la performance de la Bourse de Moscou se monte à 13,5 %. Toutefois, elle se négocie à de bas niveaux selon nos estimations et semble donc moins chère que les autres grands marchés émergents, alors que le potentiel du pays reste intéressant à nos yeux. Nous restons donc à l’achat sur la Russie.
- BNPP L1 Equity Russia (BNP Paribas Fortis, LU0269742168)
- Parvest Equity Russia (Fortuneo Belgium, LU0265268689)
- Pictet Russian Equities P EUR (Deutsche Bank, LU0338483075)

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