Analyse
Star ou bouc émissaire ? il y a 7 ans - mercredi 22 septembre 2010

Un changement de direction est-il applaudi par les Bourses ?

A l’annonce de la mise à l’écart de son directeur général début septembre, l’action Nokia a bondi de 7 % avant de se tasser en fin de séance. A contrario, début août, l’action Hewlett Packard a chuté de près de 10 % le jour de l’annonce de l’éviction de son PDG Mark Hurd.


Ces deux exemples illustrent l’importance qu’accordent les investisseurs à la personnalité et aux compétences des dirigeants. Certains sont devenus au fil du temps de véritables superstars comme Bill Gates chez Microsoft, Steve Jobs chez Apple ou Lakshmi Mittal chez ArcelorMittal grâce à leurs qualités de gestionnaire, mais aussi à leur charisme. Ces stratèges endossent aussi le costume de bouc émissaire quand les espoirs sont déçus et que les résultats ne suivent pas. Et c’est précisément le cas pour Olli-Pekka Kallasvuo, à la tête de Nokia depuis juin 2006, qui a progressivement cédé du terrain dans les téléphones portables, face à la montée des smartphones e.a d’Apple, emmenée par son charismatique maître tacticien Steve Jobs et son atout offensif l’iPhone. Un vote sanction donc pour le dirigeant finlandais qui a vu fondre depuis son arrivée la capitalisation boursière de Nokia de près de moitié. Dans le cas de Mark Hurd, la situation est tout autre. Licencié pour « affaire de mœurs », il a fait de l’excellent travail chez HP. Avant son éviction, le cours avait plus que doublé depuis son arrivée en 2005.


Les réponses contrastées de la Bourse aux départs des deux dirigeants sont conformes aux études menées à ce sujet. Il a été montré qu’il existe une relation inverse entre performance passée d’une action et réaction boursière suite au départ du dirigeant en place. En moyenne, un changement de direction est applaudi par les Bourses car il augure une amélioration des performances opérationnelles à court et moyen terme. Mais le cours s’ajuste et intègre vite ces perspectives, de sorte que spéculer sur une valeur suite à un tel changement relève souvent de la gageure. Il semblerait aussi que la réaction du cours soit plus prononcée si le départ est une surprise comme pour HP et Nokia. Et qu’un successeur externe soit mieux accueilli qu’une nomination interne. Reste à voir si le canadien Stephen Elop, 1er non finlandais à la tête de Nokia et issu de Microsoft saura confirmer les espoirs placés en lui et redynamiser de façon durable le groupe et le cours de Bourse, correctement valorisé selon nous. Ce n’est pas gagné…

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